Guillaume Gillioz s’impose (enfin) à Gesves !


Une météo très estivale mais les spectateurs ont pu profiter de l’ombre des tribunes et d’un petit vent (chaud) assez agréable pour suivre ce Grand Prix regroupant 60 partants et doté de pas moins de 35.000 euros !

Le chef de piste Frank Van Humbeek et son équipe auront une nouvelle fois réussi un travail de grande classe. Même en allongeant quelque peu le chronomètre après trois partants, il aura réussi à construire un parcours qui restait dans l’esprit d’un deux étoiles, sans être massif, sans distance piégeuse juste avec énormément de finesse. Du grand art ! Dix cavaliers trouveront l’énigme de ce parcours, le combo parfait pour un beau barrage dans une telle épreuve ! Bravo !

Première à s’élancer, Laura Monier est une nouvelle fois présente et signe encore un somptueux concours en étant classée tous les jours ! Cette fois avec Viva Fly Nrw (Vivant vd Heffinck), la française signe d’emblée le premier double sans-faute de l’épreuve.

Mais le premier véritable temps de référence viendra juste après. Motivé comme jamais depuis le début de ce concours, focus sur ses objectifs, Loris Berritella est à la maison à Gesves devant toute sa famille, ses élèves, ses amis … et il transforme cela en une bouffée d’ondes positives tirant le meilleur de son bouillonnant Kissinger Hero Z (Kassander van’t Roosakker), issu d’une sœur utérine de Rotchild et Danton du Bousquetiau. Double sans-faute en 39’’29, le défi est lancé !

Pourtant, ils ne garderont pas la tête très longtemps car Axel Vandoorne est en forme ce week-end et confirme une nouvelle fois avec sa Kaline de Fremis (Tangelo vd Zuuthoeve x Zirocco Blue) : nouveau sans-faute en 38’’72, c’est très vite !

Derrière, on peine à faire mieux et les fautes s’enchaine … mais deux cavaliers plus tard, le Suisse Guillaume Gillioz utilise la grande foulée et la puissance de la jument de son patron, Steve Guerdat, pour réussir à abaisser encore le chronomètre tout en restant sans-faute ! A 18 ans, la jument danoise, Remix (Quidam de revel x Come On) réussi une véritable prouesse en abaissant le chronomètre à 38’’50.

Il reste encore quelques sérieux candidats à commencer par un grand habitué du concours, Sacha Beghuin en selle sur Livolette (Hos d’O). De retour à la compétition depuis quelques semaines, l’ardennais réussi un magnifique départ. Malheureusement, la première distance ne vient pas sur l’oxer de la mascotte du concours entrainant la faute. C’est loupé pour cette fois.

« Guillaume m’a remercié de l’avoir laissé gagner ! Je savais que si je voulais gagner du temps, il fallait tourner court sur cet oxer orange mais je me suis fait avoir, j’ai ma deuxième distance mais je n’ai pas de saut en avant, du coup, je fais faute ! Après mes chevaux sont en forme, on revient petit à petit après un début de saison lancé tardivement avec ma blessure. On va recommencer les trois étoiles et récupérer le niveau qu’on avait avant. Je suis très content aussi de la prestation d’Aganix de Corlato (Aganix du Seigneur) qui, à 8 ans, montre d’incroyables qualités. C’est vraiment un très bon cheval avec qui j’ai envie de prendre mon temps pour ne pas louper une étape car je pense que c’est vraiment un cheval pour le futur. » explique Sacha Beghuin.


Gagnante vendredi, Kaya Ehning réussi un nouveau double sans-faute avec Chicharita 3 (Casallco) mais c’est cette fois trop lent. La suissesse doit se contenter de la 4ème place ! Cela montre à quel point ce barrage est rapide.



Dernier à s’élancer dans cette lutte Belgique-Suisse, Gauthier Mercenier ne vient plus avec un statut de véritables outsiders comme l’an dernier mais bien comme l’un des favoris avec son Kavinsky Giguellerie (Le Coultre de Muze) qui ne cesse de confirmer ses belles performances. Malheureusement, sous le regard de toute sa famille, le couple ne peut éviter une faute qui les repoussera à une belle 7ème place finale !

« Le public m’a beaucoup motivé aujourd’hui. Kavinsky a beaucoup plus d’expérience que l’an dernier mais pas encore énormément au barrage. Il me permet de faire beaucoup plus de choses que l’an dernier. Vendredi, j’ai pu mettre une vitesse supérieure et j’ai encore tenté d’aller plus vite aujourd’hui. Je pense que j’ai un peu payé mes 8 foulées dans le galop sur l’oxer noir. Il s’est un peu déporté dans le virage à gauche qui est un peu sa moins bonne main et il fait une toute petite touchette mais je n’ai aucun regret, cela fait partie du jeu. Il confirme ses prestations. Il se relâche de mieux en mieux et je pense que nous allons pouvoir désormais attaquer les trois étoiles voir les quatre étoiles. J’ai la chance d’avoir Faut-il des Sept Vallons qui commence à faire de très belles épreuves pour le seconder et le très bon 8 ans de mon beau-père, Manco Capac Giguellerie qui arrive juste pour la relève. » nous explique Gauthier Mercenier.

« Quand je suis sorti de piste, je me suis dit que j’espérais vraiment que ça allait suffire car je n’avais pas l’impression de pouvoir faire plus. C’est une jument qui généralement, plus on va vite, plus elle va haut ! L’oxer orange, je ne pouvais pas prendre trop de risque, j’ai préféré galoper un peu plus loin mais je pense que si Sacha Beguin avait eu sa première distance, il était plus court et plus rapide. Ailleurs, je ne vois pas où j’aurais pu aller plus vite. C’était la même chose pour le dernier, plus je poussais pour le dernier, plus j’avais l’impression qu’il était loin ! Mais ce qui est fantastique, c’est que la jument connaît son métier. Elle aime aussi jouer et elle sent quand je lui demande, elle se donne à 2000%. Steve Guerdat, pour qui je travaille, avait acheté cette jument il y a trois ans. Elle avait déjà de l’expérience. Steve l’avait acheté pour m’aider et ensuite, on verra si elle nous fera des poulains. Elle a déjà 18 ans mais elle est en super forme. On la gère un petit peu et grâce à elle, j’ai pu faire Genève les deux dernières années. Elle me permet d’emmagasiner beaucoup d’expérience. Cette victoire me fait vraiment énormément plaisir. Je tourne beaucoup sur les Grand Prix nationaux 1m50 en Suisse et au final, c’est un peu le même type d’épreuve. Le plateau est juste encore un peu plus relevé ici.


En ce début d’année, elle a eu un petit pépin physique mais qui a demandé plus de temps que ce que j’aurais pensé. J’ai dû patienter et finalement, ce n’est que le troisième concours où elle saute une épreuve un peu plus haute. La première, c’était il y a juste un peu moins d’un mois. Jusqu’à maintenant, je m’en voulais beaucoup car les résultats ne suivaient pas. J’étais très dur envers moi alors qu’il lui fallait certainement juste le temps de revenir mais vendredi, je trouve que je n’ai vraiment pas bien monté. Je m’en voulais car je la trouvais en forme et les résultats ne suivaient pas. Cette victoire tombe à pic car elle redonne de la motivation avant trois semaines de pause. Ensuite, nous sauterons une 150 en Suisse et après quinze jours de pause, ce seront les championnats de Suisse Elite qui constitue notre objectif de cette première partie de saison. Cette victoire, c’est un plein de confiance qui va rendre les 9h de route pour rentrer à la maison beaucoup plus agréable. Je viens à ce concours depuis plusieurs années. C’est un super concours, l’ambiance est top et je suis souvent classé dans le Grand Prix mais souvent avec 4 points à la onzième ou douzième place. Ce matin, je me suis levé en me disant que je n’avais pas envie d’être venu pour rien et que j’avais vraiment envie de rentrer avec une victoire … et elle est là ! C’est cool ! » réagit le cavalier helvétique.



De nouveau deuxième, comme vendredi, et sacré meilleur cavalier du concours et meilleur belge, Axel Vandoorne était mitigé : « C’est vraiment un super week-end pour ma jument en étant deux fois deuxième des deux épreuves comptant pour le ranking. C’est chouette … mais à la fois, c’est aussi frustrant. Il vaut néanmoins mieux être deuxième que rien … mais j’aurais tellement aimé une victoire !

Vendredi, j’ai vraiment eu le barrage que je voulais à 100%, je n’avais donc rien à revendiquer mais ici, la victoire m’échappe pour 22 centièmes et je pense que j’aurais pu faire un peu mieux à un endroit … donc il y a des regrets … même si c’est très bien ! L’an dernier, elle avait déjà fait de bons résultats en trois étoiles mais elle s’est blessée un peu cet hiver et c’était ici le premier concours où elle était avec moi en tant que cheval de tête. Du coup, c’est un bon retour et j’espère pouvoir faire quelques trois voir quatre étoiles cet été et voir comment on se débrouillera là-dedans. » conclu le cavalier.

Sur la troisième place du podium, un homme a réussi son pari ! Malgré un week-end bien occupé partagé entre ses élèves, son food-truck avec sa compagne et son cheval, Loris Berritella n’aura pas chômé. Vivement encouragé par le public, c’est pourtant seul quelques minutes après la remise des prix qu’il reprend ses esprits en désellant lui-même. Pas de grooms, pas d’aide, juste un homme et son cheval qui profitent du moment, du chemin accompli et un téléphone qui croule sous les félicitations. Le paradoxe est bien là.

« Ca fait plusieurs semaines que je me pose la question du meilleur plan à adopter avec mon cheval en vue de ce concours. Cela fait pas mal de fois que je réalise deux très belles épreuves mais où je passe un peu à côté de mon Grand Prix. Souvent, on est obligé de sauter les deux épreuves qualificatives comme je n’ai qu’un cheval et je trouvais qu’il manquait un peu de fraicheur pour le Grand Prix. Jusqu’ici, il manquait encore un peu d’expérience et de sérénité pour pouvoir enlever cette première épreuve et rentrer directement dans une ranking. J’ai décidé, pour la première fois, de tenter cette option là ce week-end en ne sautait que deux épreuves. Ici, je voulais vraiment m’occuper de mes élèves car je sais que c’est un concours très important pour eux aussi. Je suis très fier d’eux car ils ont répondu présent dans toutes les épreuves importantes du une étoile. Il ne faut pas oublié que pour des jeunes comme ça, c’est aussi très spécial et ils ont énormément de pression. Je voulais en tant que coach être aussi bien disponible pour eux.



Je n’avais donc emmené que lui pour vraiment me concentrer sur lui. Il est resté frais et serein. Je suis resté sur mon plan habituel de ne pas le sauter avec des guêtres postérieurs le premier jour car il est fort sensible pour ne pas le mettre sous pression. Je voulais vraiment le monter comme une première épreuve normale. Cela s’est vraiment bien passé puisqu’il est sans-faute mais au barrage, on n’était pas beaucoup et j’ai été un peu gourmand. Je l’ai payé un peu en manquant un peu de sérénité. Tous mes élèves sont là, mon frère est co-organisateur, c’est le concours proche de la maison : j’avais vraiment envie de bien faire. Ce concours-ci nous tient un peu plus à cœur. C’était une belle journée avec une 7ème place mais il y avait quand même un peu de frustration car j’ai manqué de sang-froid. Je me suis dit que si mon plan fonctionnait et que je me retrouvais de nouveau au barrage, j’essaierai de le faire différemment. Finalement, j’ai eu un super Grand Prix où cheval sautait magnifique de nouveau en étant très disponible. J’était déjà content de voir que l’analyse que j’avais fait était juste et que lui pouvait se donner à 100%.



Au barrage, je ne pouvais pas me permettre de ne pas prendre de risque. Un classement ne s’offre pas, il faut aller le chercher … mais j’avais un premier plan où je comptais enlever une foulée dans les deux dernières lignes … puis je me suis dit « Non, ne refais pas la même erreur ! » J’ai donc décidé de rester avec le contrat de foulée que j’avais prévu de faire et de le rééquilibrer. Je pense que c’est mieux un double zéro et je suis vraiment fier de mon cheval ce soir ! J’ai récupéré ce cheval lorsqu’il avait 5 ans. C’était un cheval délicat, un peu compliqué mais qui avait du potentiel. J’ai tout de suite bien accroché mais je savais que le chemin serait long comme tous les chevaux de Grand Prix qui sont au top aujourd’hui. Le chemin est long et peut être sinueux. Nous avons eu des moments de doute mais il faut toujours croire en sa première idée. Je sais que je me lève tous les matins en me disant qu’il y a quelque chose de spécial dans ce cheval. Aujourd’hui, la maturité est là, il a pris de l’expérience puis à force de m’en occuper tout seul, tous les jours, on crée quelque chose ! Je pense que c’est très important. Un cheval comme lui qui fonctionne beaucoup à la confiance, c’est un plus de pouvoir s’en occuper tout le temps, de les préparer soi-même, on se connait par cœur ! Cela a mis du temps mais cela commence à payer. Cela a vraiment une saveur particulière pour moi car j’ai vraiment misé toutes mes économies et bien plus pour ce cheval … et il me le rend ! Maintenant, nous sommes juste tous les deux, comme à chaque fin de concours. Je vais le laver, ranger mon matériel puis rentrer à la maison … au moins aujourd’hui, nous serons vite rentrés ! » s’amuse le héro du week-end !



