Abdel Saïd, ce sauveur de la Belgique !
Il y a tout juste 5 ans, en désaccord avec la fédération égyptienne, Abdel Saïd opte pour la nationalité belge. Une décision qui surprend mais l’intéressé dit d’emblée que cela va l’aider à progresser. Cinq ans plus tard, après avoir été le 5ème homme aux championnats d’Europe de La Corogne en 2025, il intègre l’équipe belge pour les championnats du monde d’Aix la Chapelle. Placé en dernière position, celle de pilier, par Peter Weinberg, il sauve par deux fois la Belgique pour lui offrir une médaille d’argent historique ! Sixième avant la finale individuelle à moins de deux points de la première place … tout est encore possible !

Premier championnat et première médaille avec l’équipe belge ! Quand avez-vous commencé à penser que Quaker Brimbelles Z était un cheval pour ces championnats ?
A.S. : « Lors de la finale de Coupe du monde à Forth Worth, nous avons eu une discussion très ouverte avec Peter Weinberg. Il était présent et il a vu, comme moi, le cheval grandir durant cette finale. A cette époque, Bond et Ermitage étaient encore dans les plans du coach et j’étais un peu derrière eux dans la liste car il arrivait seulement à ce niveau et nous devions donc prouver que nous avions notre place mais dans ma tête, j’étais sûr dès ce moment-là que nous étions prêts. Il m’a enlevé tous les doutes que j’aurais pu avoir en sautant facilement les plus gros parcours et en sautant de mieux en mieux quand ça se compliquait. Je l’ai sauté ici à Aix-la-Chapelle en mai. Il a sauté fantastique dans les qualificatives et j’ai dit à Peter que je trouvais qu’il était plus prêt que Bonne Amie. J’étais vraiment persuadé d’avoir un véritable cheval de championnat. Tout est facile pour lui et il a un tempérament très facile. Nous avons travaillé tous ensemble car il ne faut pas oublier toute l’équipe que j’ai également derrière moi à la maison sans qui rien de tout cela ne serait possible. »


Est-ce que vous avez dû attendre longtemps pour savoir que vous étiez dans l’équipe ?
A.S. : « Nous avions tous des critères et j’ai dû attendre l’annonce de la sélection … mais je savais que j’avais de grosses chances d’en faire partie après Falsterbo où mon cheval avait magnifiquement bien sauté avec un 0+4 et encore une toute petite faute de malchance dans le Grand Prix mais c’était vraiment bien. Quand Peter m’a annoncé que j’étais dans l’équipe, je lui ai dit « ok, let’s go ! » C’est vraiment un plaisir de monter avec ces gars-là ! Cela a été magnifique de construire ce chemin jusqu’ici avec toute cette équipe. »

Qui a pris la décision de vous faire partir en dernière position où vous avez sauvez deux jours la Belgique ?
A.S. : « C’est le choix du coach ! Je ne pense pas qu’on peut dire que j’ai sauvé la Belgique car c’est toute une équipe. Ce qu’il y a, c’est que ce cheval est tellement confortable qu’il me donne énormément de confiance. En fait, le premier jour, Peter m’a dit : « Tu pars en premier ». Pour moi, tant que la décision est la meilleure pour l’équipe, je n’ai pas de problème avec ça … mais ça doit être la meilleure décision pour l’équipe, pas au niveau individuel. Il m’a dit qu’on faisait comme ça et je n’ai pas de soucis avec ça. Après je sois passé mercredi, il est venu me trouver et m’a dit « demain, tu partiras en dernier ». Sincèrement, je n’ai pas vraiment d’opinion là-dessus. C’est lui le chef ! »

Personnellement, vous pensez que vous auriez été plus rapide en partant plus tard ?
A.S. : « Bien sûr que vous avez une chance d’aller plus vite en regardant plus de tour mais à la fin, je suis vraiment heureux d’aller en finale en étant 6ème en étant très proche à moins d’une barre de la tête. Maintenant, mon focus va aller vers les tours car mes collègues aussi peuvent sauter des sans-fautes. »


Mardi pour le jour de la warm-up, vous êtes arrivé le premier belge au paddock, vous en êtes parti le dernier. Durant votre temps en piste, vous avez été le seul belge à ne pas sauter. Vous aviez l’air déjà très concentré avec votre plan bien établi !
A.S. : « Je suis vraiment persuadé d’avoir un très bon cheval et j’étais persuadé d’avoir une vraie chance. Je devais juste être concentré et ne pas faire de faute. Je n’ai pas sauté car je voulais vraiment faire la même chose que ce que j’avais fait en mai. C’est un cheval très confiant donc je préférais lui éviter des sauts inutiles alors que la semaine allait être très longue. Certains chevaux en ont besoin mais j’ai pleinement confiance en mon système. Nous avons fait un gros travail sur le plat à la maison pour le construire notamment grâce à l’aide de Philippe Le Jeune qui m’a beaucoup aidé car c’est un grand homme de cheval. Je savais en arrivant que je n’avais pas besoin de sauter et j’ai préféré le garder frais. »

Quand vous avez acheté ce cheval, qu’est-ce que vous espériez ?
A.S. : « L’achat de ce cheval, c’est une histoire incroyable ! J’en parlais encore avec ma compagne Tonia aujourd’hui. J’ai acheté ce cheval sans essai, sans visite vétérinaire … et c’est le cheval le plus cher que j’ai jamais acheté dans ma vie ! J’ai vraiment fait confiance à Jean-Luc Mourier, son précédent cavalier ! Quaker avait 9 ans, il venait de gagner un Grand Prix trois étoiles à Gassin en France. Il vivait sans fer près de Saint Tropez. Il m’a dit que c’était un des meilleurs chevaux qu’il avait montés tellement il le trouvait intelligent. On a failli ne pas conclure l’affaire car je lui avais demandé au moins pour l’essayer mais il m’a dit que ce n’était pas possible. J’ai dit ok … mais j’ai voulu discuter un peu le prix alors il m’a dit non… puis j’ai été regardé ses résultats, il avait 23 sans-faute d’affilée ! Je me suis dit que ça ne pouvait pas être mal. Je me suis dit que je devais suivre mon cœur et que je devais le faire. Je venais juste de vendre Obama van Ostaayen (Etoulond VDL) qui était l’un de mes meilleurs chevaux. J’avais besoin d’un autre cheval et ils sont difficiles à trouver ! C’est un cheval qui a une histoire car comme on peut le voir sur sa croupe, il a été accidenté lorsqu’il avait deux ans et demi. Les choses se sont mis en place assez rapidement avec le cheval. L’an dernier, j’avais parfois une faute mais jamais plus. En fait, l’an dernier, on a eu beaucoup de quatre points dans nos premiers Grand Prix 5* mais il était encore très vert et aujourd’hui, nous sommes là. »

Quand vous avez décidé de représenter la Belgique, tout le monde vous a dit que vous étiez fou de choisir ce pays que vous n’y auriez pas votre place … et aujourd’hui, vous étiez le pilier qui s’élance en dernier position de l’équipe et qui montre qu’il a les nerfs pour tenir !
A.S. : « Je ne suis pas quelqu’un qui écoute beaucoup les autres. Je veux garder les pieds sur terre. Je savais que rejoindre la Belgique serait une mission difficile mais je savais aussi que ça allait me rendre meilleur. Je ne suis pas quelqu’un qui abandonne ou qui pense qu’un défi est impossible à relever. Je dois de toute façon concourir contre ces gars-là toutes les semaines … alors pourquoi pas ! Sincèrement, je suis fier du chemin parcouru aujourd’hui. »



