Anna Sandmann, première femme gagnante de la coupe du monde d’attelage à Lyon.
Publié par Elea Clément le 02/11/2026Au cours de ce week-end Coupe du monde où nous avons pu apprécier, les poneys, les dresseurs et les meilleurs cavaliers du jumping mondial, l’attelage nous a également fait le plaisir de sa présence à l’occasion de la toute première étape du circuit.
Sur les sept équipages au départ, seuls les trois plus rapides pouvaient se qualifier pour la deuxième partie de l’épreuve afin de se départager.
Trois places, trois meneurs et trois équipages sont parvenus à boucler ce premier parcours en moins de 160 secondes. Deux représentants de la Belgique et un de l’Allemagne : contrat rempli ! L’équipage français de la Laiterie de Montaigu termine au pied du podium, malgré un chronomètre très correct qui le rapproche des leaders, contrairement aux années précédentes où il semblait davantage en difficulté.
Les équipages repartant dans l’ordre inverse du classement de la première manche, c’est la seule et unique femme de cette épreuve, Anna Sandmann, qui s’est élancée la première sur ce deuxième parcours, avec peut-être l’espoir de voir une femme remporter cette étape lyonnaise de la Coupe du monde, une victoire encore jamais décrochée par une meneuse.

L’Allemande, ses grooms et ses quatre chevaux bouclent ce parcours et grappillent même quelques secondes sur leur premier chronomètre. Elle impose alors un temps de référence à 155,52 secondes.


Glenn Geerts a bien tenté de relever le défi, mais malheureusement, une balle tombe, synonyme de quatre secondes supplémentaires sur le chronomètre final. Au final, le Belge et son équipage accusaient déjà quelques secondes de retard, même sans cette pénalité. Ils terminent donc avec un chronomètre de 159,74 secondes, synonyme de troisième place finale.

« L’objectif principal était de faire partie du top 3 pour participer au barrage et nous y sommes parvenus. Je suis donc très content !
Après le premier parcours, ma première réaction a été de me dire que j’étais enfin de retour, car cela m’a demandé plusieurs années de travail. En extérieur, j’ai toujours figuré parmi les dix meilleurs meneurs au monde, mais après le Covid, j’ai eu du mal à trouver les bons chevaux pour que ce soit pareil en indoor.
Auparavant, j’avais un sponsor qui m’avait permis de constituer un excellent équipage pour les compétitions indoor. J’avais d’ailleurs déjà remporté une médaille de bronze à Bordeaux.
L’année dernière, j’ai réalisé quelques parcours sans faute, mais j’étais trop lent. Les meilleurs avaient des fautes …. mais ils étaient quand même plus rapide que moi. J’avais donc le sentiment qu’il fallait que je change certaines choses.
Aujourd’hui, j’ai un équipage complètement différent. C’est notre première compétition internationale en indoor et les résultats sont donc très prometteurs. J’ai eu l’occasion d’investir avec mes parents dans l’équipage d’un meneur hongrois avec qui je m’entends très bien. J’ai d’abord eu l’opportunité de les essayer puis nous avons décidé de les acheter. Ce sont des chevaux déjà très expérimentés, ils ont d’abord évolué en outdoor puis lorsque ce meneur s’est refait un équipage plus jeune, ils ont évolué sur le circuit indoor hongrois. C’est une vraie chance de pouvoir compter sur eux. J’ai des chevaux de volées vraiment rapides.
Hier, j’ai rencontré quelques difficultés lors de mon premier parcours, car c’était la première fois que nous évoluions sur une piste de cette envergure. Il faut dire que celle-ci est vraiment impressionnante !
Après le deuxième parcours, j’ai senti que je pouvais encore progresser. Mais, à la détente aujourd’hui, j’avais le sentiment que quelque chose allait se passer. Et c’est exactement ce qui est arrivé : je suis vraiment de retour ! » explique Glen Geerts


Il ne restait alors plus qu’un équipage en mesure de détrôner la meneuse germanique : celui de Dries Degrieck, qui n’est autre que le vainqueur de la veille. Le Belge va très vite et le suspense est à son comble. Il franchit la ligne d’arrivée en 155,04 secondes, mais malheureusement, une balle tombe en toute fin de parcours et le prive d’une deuxième victoire consécutive. Cette fois-ci, le Belge devra se contenter de la deuxième place.

« J’ai de nouveaux chevaux pour cette saison. Ils se sont bien comportés, même si je sens qu’ils manquent encore un peu d’expérience à ce niveau. Je suis néanmoins vraiment heureux de pouvoir compter sur eux cette saison. C’est le premier concours indoor de mon cheval de volée gauche. Il s’est très bien comporté lors du premier tour mais nous faisons une petite faute lors du barrage. Sincèrement, je ne suis pas déçu. J’ai vu ce que nous devons travailler à la maison.
C’était incroyable de voir Anna mener de cette manière. Je suis vraiment ravi pour elle qu’elle ait remporté la victoire. Elle a fait du très bon travail !
Le niveau était particulièrement élevé aujourd’hui. Il y a de plus en plus d’excellents meneurs au plus haut niveau et je l’ai vraiment ressenti. Je pense que c’est une très bonne chose pour notre sport et pour le public qui nous regarde.
Évidemment, je voulais gagner. Tout le monde veut gagner ! Mais je suis vraiment satisfait de mes nouveaux chevaux et je ne m’attendais pas à obtenir de tels résultats ce week-end. Je ne savais pas vraiment comment ils allaient se comporter ni comment ils allaient aborder les virages. Je dois encore apprendre à les connaître et cela va demander un peu de travail.
Mon équipage de l’année dernière avait davantage d’expérience. Les chevaux savaient ce qu’ils avaient à faire, tandis que ceux-ci doivent encore acquérir de l’expérience. Ici, j’ai également un nouveau timonier.
C’était le premier concours de l’année. Nous irons ensuite à Madrid. Nous savons donc ce qu’il nous reste à travailler à la maison. Je participerai également aux compétitions de Genève, Londres, Malines et Leipzig, avant de retrouver la finale de Bordeaux. » explique Dries Degrieck



C’est donc Anna Sandmann qui a pu goûter à la victoire lyonnaise, d’autant qu’elle signe une performance historique en devenant la première femme à s’imposer dans la FEI Driving World Cup d’Equita Lyon.
« Je ne m’attendais pas à gagner ici. Ce n’est que ma deuxième saison en indoor, alors je suis moi-même très surprise par cette victoire. Mes chevaux étaient vraiment bien aujourd’hui, très concentrés. Nous avons réalisé deux parcours sans faute et je crois que c’est ce qui a fait la différence.
Je n’ai rien changé par rapport à hier, car j’avais déjà réalisé deux bons parcours. J’avais commis deux fautes lors du premier parcours, mais je savais ce que je devais faire ensuite pour les corriger. J’ai donc essayé d’y être particulièrement attentive aujourd’hui.
Nous avons observé les premiers meneurs et ils étaient déjà très rapides. Je savais donc que j’allais devoir prendre des risques. J’ai tout de même essayé de rester sans faute, car les erreurs peuvent coûter cher. C’était mon objectif aujourd’hui et cela a fonctionné !
C’était vraiment extraordinaire aujourd’hui. Je crois que le public a encore davantage apprécié ma victoire parce que je suis une femme. C’était formidable ! Nous ne sommes actuellement que deux meneuses sur le circuit. Nous sommes vraiment peu nombreuses, mais je crois que nous parvenons progressivement à nous faire une place.
J’ai participé à ma première compétition d’attelage à l’âge de six ans, avec deux poneys. Mon père est également meneur et il participera lui aussi à la Coupe du monde cette année. Au départ, je pratiquais également le saut d’obstacles. Ensuite, j’ai commencé à mener deux poneys, puis deux chevaux. Cela fait maintenant une dizaine d’années que je pratique l’attelage à quatre chevaux.
Je participerai ensuite aux compétitions de Maastricht, Stuttgart, Madrid, Malines et Leipzig. Le programme est chargé cette saison ! Comme mon père mène également cette année, mais qu’il doit participer à moins de compétitions, nous allons pouvoir échanger nos chevaux à certaines occasions afin qu’ils ne prennent pas part à tous les concours. Aujourd’hui, mes timoniers faisaient partie de l’ancien team de Benjamin Aillaud alors que mon cheval de volée gauche m’a également accompagné lors des championnats du monde d’Aix-la-Chapelle.
Avant cette victoire, la finale de Bordeaux ne faisait pas vraiment partie de mes objectifs. Mais après aujourd’hui, je me dis que… peut-être que cela pourrait finalement devenir possible ! » nous glisse la grande gagnante du jour !









