LBA 2026

Peter Weinberg, la raison du succès ! (3/4)

Première partie

Vous aviez imaginé conserver ce poste aussi longtemps ?

P.W. : «Non ! C’est assez comique car je viens de signer un nouveau contrat avec la fédération et les cavaliers m’ont demandé depuis combien de temps j’étais chef d’équipe …. Je leur ai dit que c’était ma dixième année … et ils m’ont répondu que les dix ans avant, il y avait eu dix coachs différents ! Je leur ai dit que j’étais plus stable que les autres et que j’avais l’habitude des Belges ! Plus sérieusement, je pense que c’est aussi lié à notre région où nous avons l’habitude de collaborer avec différents pays. Nous sommes suffisamment stables pour que lorsque l’on établit un plan et que quelqu’un a une opinion différente, nous sommes capables de prendre une décision. Cela peut évidement mal tourner mais j’ai eu suffisamment de chance ces dernières années pour que souvent cela tourne bien ! Même l’an dernier, au départ, tout le monde était content de voir le jeune Thibeau Spits arrivé dans l’équipe avec le relativement jeune Impress mais il a tellement bien fait les derniers mois qu’il est resté ! Lorsque j’ai choisi Jos Verlooy pour Rotterdam, tout le monde n’était pas content avec cela et lorsque cela fonctionne, on ne regarde jamais en arrière ! Tout le monde veut y aller et je ne vais jamais en tenir rigueur à ceux qui se plaignent. Après Rotterdam, j’ai dit à tout le groupe : Certains d’entre vous ne voulaient pas Jos mais nous avons gagné la médaille d’or et il a remporté une médaille individuelle et nous avons gagné l’or avec son aide. Parfois, les gens me demandent comment je peux savoir ! Je réponds que si je sens que c’est juste, je pousse pour que cela arrive ! Les deux premières années, tout le monde ne me faisait pas spécialement toujours confiance dans mes décisions. Dirk Demeersman est mon ami et était déjà mon ami bien avant ! Avant d’accepter ce poste, je lui ai demandé comment se passait les choses. J’avais bien compris dans ce qu’il m’avait expliqué qu’il y avait beaucoup de gens qui interféraient entre ses décisions de sélections. Du coup, lorsque j’ai fait ma première sélection, j’ai dit « voilà, je suis le chef d’équipe. Je peux vous dire maintenant quels sont mes cinq cavaliers et je vous donne mon numéro 6 et mon numéro 7 ! J’ai expliqué à tout le monde pourquoi j’avais choisi ces cinq là et que j’étais disponible pour répondre à toutes les questions que l’on voulait ! Le comité de sélection et le jumping comité doivent bien sûr être d’accord mais quand on explique tout et pourquoi … même s’ils ne sont pas à 100% d’accord, ils acceptent ! C’est ce que j’ai appris de mon expérience allemande. Tous les quatre ans, on élit un cavalier qui parle au nom de tous et tous les quatre ans, on renouvèle ou non le contrat du chef d’équipe ! La voix du cavalier a changé tous les quatre ans avant que je ne prenne cette place et je l’ai gardée 16 ans !

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J’ai poussé pourOtto Becker et il a fait double sans-faute lors des championnats d’Europe, il a gagné Aix la Chapelle … et l’année suivante, il a monté les Jeux Olympiques avec un double sans-faute et remporte une médaille ! Après cela, j’ai eu un souci car il y avait Aix-la-Chapelle où nous devions rendre les sélections … mais le même week-end, mon fils participait aux championnats d’Europe jeunes cavaliers au Portugal ! J’ai fait l’aller-retour deux fois dans le week-end car je devais voir la coupe des nations à Aix … mais je ne pouvais pas abandonner mon fils, je voulais être là pour l’aider !

Finalement, Thomas a monté double sans-faute dans la coupe des nations et encore sans-faute au barrage ! Il a bouclé trois tours sans-faute et gagné l’or !

Thibeau est jeune, Gilles est encore jeune et était jeune quand je l’ai choisi au début mais ils ont de l’expérience. Je n’étais pas en place mais j’ai toujours suivi leurs résultats dès les poneys et ils ont toujours été bons ! Ils ont appris à vivre avec la pression. Je pense qu’on sait vivre avec la pression où non. Personnellement, dans quasiment toutes les coupes des nations que j’ai disputées, je partais en dernier, cela ne me rendait pas nerveux ! C’est la même chose avec Grégory ! »

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Vous êtes quasiment chaque week-end en concours. Vous arrivez à garder cette passion ?

P.W. : « Oui, j’ai toujours cette passion et je veux aussi faire mon travail du mieux possible. Je vais aussi sur des concours deux étoiles à Peelbergen ou Azelhof ou au Sunshine Tour car si je vois un cavalier comme Roy Van Beeck que je suivais car je le voyais arriver. Je suis allé le trouver et je lui ai dit « écoutes, j’ai discuté avec Filip Lacus, tu dois faire quelques coupes des nations trois étoiles ! Il en fait deux, il fait quatre tours sans-faute avec juste une fois un point de temps. Je suis allé le trouver, je lui ai dit, le point de temps dépassé dans l’équipe 5*, cela équivaut à une barre ! Il a travaillé cela et s’est amélioré. Je suis allé le voir au Sunshine Tour où je voulais qu’il saute deux fois les Grand Prix, il était double sans-faute et je l’ai donc sélectionné pour Ocala où il est le meilleur belge dans la coupe des nations en étant également double sans-faute ! »

Le seul autre chef d’équipe que j’ai pu voir aussi présent était Philippe Guerdat, vous avez de nombreux points communs avec lui, vous ne trouvez pas ?

 P.W. : «Philippe a mon âge et nous avons monté beaucoup ensemble. Il a d’ailleurs été chef d’équipe belge avant moi et c’est ce que j’ai dit à mon fils avant d’accepter car je savais qu’avec ce rôle-là, je ne serai pas beaucoup à la maison. Je le savais et sincèrement, si je ne voulais pas prendre ce temps-là, je n’aurais pas accepté ! Peut-être que je pensais faire cinq concours de moins l’année mais ça ne change pas grand-chose. Ma fille qui s’occupe d’organiser pas mal de concours mais également du secrétariat de plusieurs cavaliers s’occupe également de mon agenda. L’an dernier, elle m’a fait remarquer que j’étais parti 45 week-ends sur l’année et parfois j’étais à deux concours sur le même week-end ! Lorsque Grégory a été faire la première coupe des nations avec Bond, qui était une trois étoiles à Peelbergen, je suis évidemment allé le voir avant d’aller voir d’autres cavaliers sur le week-end ! Même chose avec Gilles Thomas lorsque Qualista a commencé les coupes des nations trois étoiles ! Cette année, je voulais absolument voir le Grand Prix de ‘s Hertogenbosch avant d’aller à Ocala ! »

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Quel est votre meilleur moment avec l’équipe belge jusqu’à présent ?

P.W. : « Pour moi, l’esprit d’équipe est le plus important et il n’était clairement pas présent en Belgique par le passé. Je ne vais pas dire de nom mais lorsque j’ai rendu ma première sélection, c’était pour Lummen, certains des Wallons m’ont appelé en me disant : « vous avez choisi un wallon et quatre flamands ! » J’ai répondu que pour moi, ils étaient tous belges et que j’avais choisi à mon sens les cinq meilleurs belges ! Deuxièmement, il y a plus de bons cavaliers en Flandre qu’en Wallonie. »

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Par le passé, il y avait beaucoup de politique en Belgique !

P.W. : «Il y a toujours eu des soucis flamands-wallon, c’était le cas pour Dirk Demeersman mais aussi bien avant avec Lucien Somers. La bonne chose pour moi, c’est que toutes les personnes influentes en Belgique : Verlooy, Mathy, Van Paesschen, Philippaerts … cela fait tous 40 ans qu’ils sont mes amis ! Je peux donc leur parler librement. Comme je l’ai dit depuis le début, je veux pouvoir parler à chaque cavalier individuellement, pas aux propriétaires, parents ou entraineurs !

Stéphane Conter, qui est quelqu’un de très intelligent, m’avait d’ailleurs demandé si c’était un souci qu’elle s’entraine avec mon ex-femme mais je suis toujours parti du principe qu’il n’y avait aucun souci et que tout ce qui pouvait aider était positif ! Olivier Philippaerts m’avait aussi posé la question parce qu’il s’entrainait régulièrement avec Kurt Gravermeier et qu’il aurait souhaité qu’il vienne à La Baule. C’est mon ami et une nouvelle fois … tout ce qui aide, aide ! La dernière décision concernant l’ordre de départ de la coupe des Nations, je ne veux pas d’interférence, je décide cela avec mes cavaliers ! »

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Il n’y a pas de succès qui vous a marqué particulièrement ?

P.W. : «La médaille olympique, c’est le graal ! Ensuite, un championnat du monde est plus haut qu’un championnat d’Europe ! Gagner une finale de coupe des nations est quelque chose entre ces deux-là. Les championnats d’Europe, ce sont les meilleurs équipes européennes mais actuellement à part quelques exceptions, les meilleures combinaisons sont en Europe ! Gagner des 5*, des Grand Prix CSIO, des Coupes du monde, c’est aussi incroyable mais quand vous êtes le chef d’équipe, les coupes des nations priment ! »

La suite, c’est ici dès demain !

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