Maria Gabriela Brugal Gasso met la République Dominicaine à l’honneur !
Cette année plus que jamais, de nouvelles nations sont présentes pour leurs premiers mondiaux. Parmi celle-ci, la République Dominicaine. Cette île de la mer des Caraïbes, bien plus connue pour ses plages et les vacances que pour ses cavaliers. Pourtant, Maria Gabriela Brugal Gasso est bien née sous le soleil et y a grandit. C’est bien là qu’elle a fait ses premiers pas à cheval et aujourd’hui, elle a débuté ses premiers mondiaux avec les honneurs avec un cheval qui lui a tout donné … et aurait très bien pu ne jamais resauter !

Vous avez participé aujourd’hui à vos premiers championnats du monde !
Maria Gabriela Brugal Gasso : « Ce sont les premiers championnats à ce niveau. Nous avons participé à plusieurs championnats régionaux avec la République Dominicaine et jusqu’ici, mes plus gros championnats étaient la Panam’Games en 2019 ! Depuis je n’avais plus participé à un aussi gros championnat. C’était clairement mon objectif d’être ici et de pouvoir y participer. J’ai eu mon certificat d’aptitude l’an dernier alors j’ai essayé de m’y préparer au mieux depuis. J’ai fait tout ce qui était en mon pouvoir pour que mon cheval et moi arrivions ici au meilleur de notre forme. »



Comment avez-vous rencontré J’Adore Flamenco (hongre AES de 14 ans par Je T’aime Flamenco) ?
MGBG : « Il est avec moi depuis 6 ans. Il aura fait quasiment toute sa carrière avec moi après avoir fait ses classes jeunes chevaux en Irlande. Il a fait son premier Grand Prix FEI avec moi en évoluant des U25 aux Grand Prix 5* aujourd’hui ! Lorsque je l’ai essayé la première fois, je me suis vraiment dit que je ne m’étais jamais assise sur un cheval avec des qualités similaires ! J’avais un feeling incroyable … même s’il était très vert. Il ne changeait pas de pied très bien, il devenait très anxieux en piste. Il se stimulait … mais beaucoup trop ! Il devenait vraiment excité et chargeait les obstacles. Il nous a fallut du temps pour trouver des solutions à tout cela mais je n’avais jamais monté un cheval avec autant de moyens. J’ai donc appris à comment manager tout cela et au final, nous avons appris ensemble. Nous formons vraiment un merveilleux partenariat. Aujourd’hui, je lui fais confiance avec ma vie et je pense qu’il me fait confiance aussi avec la sienne. Cela nous procure un sentiment très spécial. J’ai fait ma première étape de coupe du monde avec lui, nous avons fini second … et nous avons remporté la seconde ! C’était à Puebla au Mexique l’an dernier. J’avais aussi gagné mon premier Grand Prix avec lui qui était en U25 et j’ai aussi participé à mon premier 5* avec lui ! Aujourd’hui, je fais à la fois mes premiers championnats du monde et mon premier Aix-la-Chapelle avec lui ! Nous avons fait notre premier Global Champions Tour ensemble et nous en avons fait quelques-uns l’an dernier. Je me suis aussi classée dans mon premier Grand Prix 5* cet été avec lui. Je ne peux que le remercier ! »



Quand avez-vous commencé à monter à cheval ?
MGBG : « J’avais onze ans. C’est un peu tard je pense mais ce n’est vraiment un sport traditionnel dans mon pays car je suis née et j’ai grandi en République Dominicaine. Ma famille vit toujours là-bas, c’est ma maison ! Malheureusement, lorsque je me suis rendue compte que j’avais vraiment envie de poursuivre une carrière en tant que cavalière de saut d’obstacles, j’ai réalisé que je devais déménager ! J’avais déjà voyagé beaucoup que ce soit aux Etats-Unis, au Canada, en Amérique centrale et même en Europe lorsque j’ai eu mon diplôme. Je me suis entrainée deux étés chez Michel Robert durant quatre mois à chaque fois. C’est un entraineur exceptionnel et un homme de cheval fantastique. J’avais 17 ans, c’était en 2016 et 2017. »



Quand on veut être professionnelle et qu’on a un tel cheval, on reçoit des offres … vous avez décidé de le garder ?
MGBG : « Nous avons reçu quelques offres quand il était plus jeune… mais il y a trois ans, il a eu une plaie perforante qui s’est infectée. Il a failli en mourir. Nous avons cru que sa carrière était terminée. Je voulais juste être sûr qu’il pourrait survivre et profiter d’une agréable pension. Mais finalement, j’ai recommencé à le monter … et quelques mois plus tard, il a gagné son premier Grand Prix 1m50 pour son retour ! C’est un incroyable battant. Il a une personnalité impressionnante. Il est rentré dans cette piste aujourd’hui … il mérite vraiment d’être ici. Je suis heureuse de pouvoir l’y emmener, d’être son GPS. Aujourd’hui, j’étais un peu déçue de moi-même car j’ai fait deux petites erreurs mais lui a vraiment fait de son mieux. Je n’étais pas nerveuse mais j’étais tendue car qui peut se comprendre à un certain point mais il est si spécial que je me mets une pression supplémentaire sur les épaules pour lui offrir une bonne monte. Je suis qu’il mérite d’être ici et qu’il peut très bien faire ! Il mérite d’avoir tous ces gens qui frappent dans leurs mains pour lui … d’autant qu’il adore ça ! Il est devenu un très bon cheval pour sauter dans cet environnement. Cela a pris du temps mais nous l’avons fait ensemble ! Il était très nerveux et je l’étais aussi. Nous avons fait ce championnat ensemble et je suis fière d’être là aujourd’hui. C’était un sentiment spécial, ça, c’est sûr ! »

Quel support avez-vous de votre pays ?
MGBG : « Notre fédération nous supporte beaucoup. C’est la première fois que quelqu’un de mon pays évolue dans un tel championnat, ce qui est déjà spécial. Je reviens juste d’un championnat national où j’étais il y a 15 jours avec un autre cheval et je trouve qu’ils font beaucoup d’effort pour faire évoluer notre sport dans notre pays. Il organise de nombreux concours, amenant des chefs de pistes, organisant des clinics ainsi qu’en améliorant les infrastructures. Je pense qu’ils font vraiment un très bon travail. Notre comité olympique a aussi beaucoup aidé dans l’ensemble de ma carrière. Ils aident des athlètes de tous sports à réaliser leur rêve sur leurs chemins vers les Jeux Olympiques… mais même si ceci n’est pas techniquement les JO, c’est le plus gros que l’on peut avoir pour les sports équestres ! Evidemment, mes yeux sont rivés vers Los Angeles. J’adore Flamenco aura 16 ans mais il a été écarté des concours longtemps … il est frais et en excellente santé alors même si c’est dans deux ans et qu’il faut y aller obstacle après obstacles, qui sait ce que le futur nous réservera. »



Aix-la-Chapelle est le rêve de tout cavalier, qu’en pensez-vous aujourd’hui ?
MGBG : « Je n’avais regardé Aix-la-Chapelle qu’à la télévision. Mais ce concours est tellement impressionnant que je voulais absolument venir à la cérémonie d’ouverture voire l’atmosphère avec un stade plein ! Je voulais avoir ce facteur de choc hors de mon esprit. J’étais à Nivelle en Belgique pour m’entrainer alors j’ai fait le déplacement juste pour la cérémonie. Il n’y a nulle part d’autre au monde où vous avez plus de 40.000 fans réunis pour communier. C’était impressionnant. J’avais la chair de poule et j’ai probablement laisser couler une larme ou deux en étant fière de moi… puis je suis revenue ce lundi avec mon cheval. Depuis que je suis là, j’essaie vraiment de me concentrer à être vraiment aux écuries pour rester avec lui et essayer de conserver les choses le plus possible comme un concours normal. Je prendrai l’ampleur de cet évènement venir une fois qu’il sera fini. »



