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Peter Weinberg, la raison du succès ! (4/4)

Jusqu’il y a deux ans, vous étiez également membre du jury du Oldenburg pour la commission des étalons. L’élevage est aussi une de vos passions ?

P.W. : « Oui ! L’association d’élevage du Oldenbourg pour le jumping a toujours eu un ou deux cavaliers importants dans son comité. L’ancien chef d’équipe allemand Herbert Meyer en a longtemps fait partie. Pour des raisons de santé, il a dû se retirer de son poste de sélectionneur et avec le froid qui règne durant les expertises, il s’est également retiré aussi au Oldenburg. Du coup, Paul Schockemoehle qui est le président de l’association est venu me trouver en me disant : « Herbert Meyer m’a dit de te demander ! » … mais je n’avais jamais fait cela ! Lors des journées de présélection, on commençait avec 400 candidats ! On ramenait à 60 ou 70 candidats pour l’expertise puis lors de l’approbation en elle-même, on arrivait souvent à approuver entre 18 et 20 candidats. Je résumerai en disant que je commençais avec 400 amis et je finissais avec 18 ! … j’ai donc répondu à Schockemoehle en lui disant « mais pourquoi m’as-tu choisi moi ? »  et il m’a répondu : « Premièrement, tu sais comment un cheval doit sauter ! Deuxièmement, tu peux résister aux coups de sifflets » (rire). Honnêtement, j’ai aimé le faire ! La seule chose, c’est qu’une loi européenne a interdit de faire les sélections en fin d’année de deux ans mais bien en début d’année de trois ans. Mais du coup, ce n’était plus possible pour moi en termes de timing et j’ai dû arrêter car les sélections tombaient en même temps qu’Abou Dhabi et l’expertise pendant Ocala ! ! Je l’ai fait durant 19 ans !

J’étais vraiment désolé mais je ne pouvais pas faire autrement, mon rôle de sélectionneur est mon rôle principal même si tout a toujours été super et que j’ai pris beaucoup de plaisir à le faire. De plus, nous avons eu de très bons chevaux que nous avons sélectionnés et qui ont confirmés plus tard. Avec les étalons de jumping, c’est très important de les retrouver plus tard dans le sport ! Parfois lorsqu’ils sont jeunes, certains sont moins fleuris que d’autres, sont moins beaux … mais c’est important de voir ce qu’ils vont devenir. »

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Qu’est-ce qui est important pour vous lorsque vous regardez des jeunes chevaux sauter en liberté ?

P.W. : « Vous devez bien sûr regarder le style mais jugez aussi leur force même si ce n’est pas très haut. Vous devez aussi regarder leurs nerfs. Ceux qui deviennent un peu fou et court dans tout deux fois d’affilée, vous n’avez plus besoin de les voir, ils peuvent même être dangereux pour les cavaliers plus tard. Je pense que c’est un peu un mélange de tout. »

Vous avez élevé vous-même ?

P.W. : « Pas vraiment. Aujourd’hui, nous avons de la place mais lorsqu’Helena, les deux enfants et moi montions et que nous avions en plus deux cavaliers, nous avions 45 chevaux sous la selle ! Nous n’avions que quelques prés ici. La semaine dernière, j’étais chez Ludo Philippaerts avec l’un des board du CHIO Aachen car nous sommes en train de construire de nouvelles écuries qui doivent être finies avant les mondiaux. Nous sommes donc allés visiter celles de Ludo qui sont en construction. Lui a la place pour élever et c’est ce qu’il faut pour le faire correctement. Nous avons par contre eu des étalons. En Allemagne, dès qu’un étalon est approuvé, on ne le sortait plus en compétition alors que lorsque je venais en Belgique ou en Hollande, je voyais les très bons étalons sortir en concours aussi ! J’ai été dans le cadre A pour les championnats avec un très bon étalon qui était un sauteur incroyable, un fils de Grannus issu d’une très bonne souche maternelle. Le fait qu’il soit étalon faisait qu’il pouvait aussi gagner sa vie différemment et permettait à mon ancien patron de le vendre moins vite. J’ai donc monté quelques étalons … mais j’ai aussi quand même élevé avec quelques-unes de mes anciennes juments de concours mais je n’ai pas fait un gros élevage comme Pieter Devos et d’autres. »

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Aujourd’hui, avec tous vos succès, et même si c’est un de vos amis à la barre, est-ce que vous regrettez de ne jamais avoir été chef d’équipe pour l’Allemagne ?

P.W. : « Quand Herbert Meyer était chef d’équipe et que j’ai été la voix des cavaliers durant 16 ans, ce qui équivalait à co-entraineur, il m’a proposé de lui succéder quand il a arrêté. Je ne voulais pas encore arrêter de monter d’autant qu’à l’époque mes enfants commençaient les petits concours et j’avais besoin d’être avec eux. En fait, un jour, Tom (ndlr Thomas Weinberg) est tombé dans un barrage car il avait un cheval extrêmement rapide à l’époque et s’est cassé le bras. Ce n’est pas une grosse chose mais notre cavalier a dû aller à l’hôpital avec lui … cela a été une journée compliquée. A la suite de ça, j’ai dit à Helena que lorsque nos enfants sautaient au concours, un de nous devait être présent.

J’ai décidé d’arrêté de monter en international et j’ai alors dit à Helena que j’allais accompagner les enfants sur les nationaux pendant qu’on allait garder les chevaux internationaux pour elle. C’est comme cela que j’ai doucement arrêté et que j’ai décidé de ne pas prendre le rôle de chef d’équipe pour l’Allemagne ! C’est à ce moment-là que Kurt Gravermeier a pris le poste à ma place puis les années suivantes, c’est Otto Becker qui a pris la place. Je trouve qu’il fait du très bon boulot et en plus, c’est mon ami ! Après les quatre premières années d’Otto Becker, on m’a de nouveau proposé ce boulot mais Otto avait envie de continuer alors il n’était pas question pour moi de lui prendre ce travail à quelqu’un qui était plus jeune et meilleur ! »

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Qu’est-ce qui a fait la différence que vous avez accepté pour la Belgique alors que vous aviez également été pressenti les Pays-Bas deux ans plus tôt ?

P.W. : « La différence est que j’ai énormément d’amis et de contacts avec les anciens cavaliers belges. Il y a vingt ans, en début d’année, nous avions les meilleurs concours en début d’année : Vechta, Munster, Bremen, Neumunster, Hannover ! Tous ces concours étaient des nationaux. C’était très difficile à l’époque d’avoir une licence d’invité en Allemagne mais comme je connaissais très bien François Mathy sr (Fifi), Eric Wauters, Axel Verlooy, Ludo Philippaerts… ils m’ont tous demandé ce qu’on pouvait faire pour ces concours allemands et j’ai dit que j’organisais tout pour eux. Je leur ai eu des licences d’invités et officiellement, ils habitaient tous chez moi ! J’ai fait cela quatre ou cinq hivers ! En échange, ils m’ont eu des invitations pour La Baule, Bordeaux et évidemment en Belgique mais là, je pouvais de toute façon monter partout ! Les Belges étaient plus à l’écoute du système allemand. Ils pouvaient monter partout ! J’ai monté tellement de fois à Malines, je pense que je n’ai pas manqué une édition ! J’ai même monté à Putte en extérieur, là où Eric Wauters a créé son premier concours. J’ai monté tellement de fois à Chaudfontaine qui était organisé par Eugène Mathy. C’est la raison pour laquelle j’ai monté plus avec eux qu’avec les Hollandais ! Quand Eric s’est cassé la jambe, j’ai été lui rendre visite à l’hôpital, c’était une amitié vraiment sincère. Lorsque j’ai pris mes fonctions, Kurt Gravermeir m’a dit : « Dans un an, ils te mettent à la porte ! » Je lui ai répondu « Non, ils ne me feront pas ça car ce sont mes amis ! » Quand les choses vont bien, tout le monde est content mais nous avons déjà eu des championnats qui ne se sont pas bien déroulés et là, on a besoin de support ! Cela rend les choses plus faciles ! Certains officiels se sont surement dit qu’on devait de nouveau changer … (rire)

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Vous souhaitez encore continuer ?

P.W. : «Oh oui ! Je viens juste de signer un nouveau contrat mais le fait d’avoir mes anciens amis cavaliers autour jouent un vrai rôle. On m’a demandé l’autre jour si j’avais toujours envie de voyager autant à mon âge. J’ai répondu que je serais mort si je devais rester quatre semaines à la maison ! J’ai encore un peu à faire à la maison mais mon fils est le patron des écuries ! Pour le moment, je ne suis vraiment pas souvent à la maison … et Tom me demande si je suis à la maison lundi car des clients viennent et qu’il avait loupé son avion. Ils me demandent de leur montrer plusieurs chevaux … mais j’ai réalisé que je ne les connaissais même pas … alors je lui ai demandé ce que je pouvais faire … et il m’a répondu « Papa, fais ce que tu sais faire le mieux : parler ! » (rire)

J’agis de la même façon avec les cavaliers, quand il y a un problème, il faut parler. Je ne m’enfuis jamais ! Il faut expliquer et cela ne veut pas dire que je vais changer mon opinion à propos de quelque chose mais si vous fuyez sans parler, les problèmes ne se règlent pas.»

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Que pensez-vous de l’évolution des Coupes du monde et des Coupes des nations pour le moment ?

P.W. : « Cette année, lors des derniers concours de coupe du monde, peu de cavaliers voulaient s’y rendre. Avec Todd Hinde, le directeur du jumping à la FEI et avant avec John Roche, l’ancien directeur de la FEI avec qui j’ai monté moi-même en concours, nous avons beaucoup discuté. J’ai dit à Todd que j’avais Pieter Devos, Niels Bruynseels et Abdel Saïd à Doha. Les deux premiers Grand Prix sont à 500.000 euros et le troisième qui a été annulé finalement était à 1 million et demi et le suivant de nouveau à 500.000 ! Un peu plus tôt dans la saison de coupe du monde, Steve Guerdat a monté un barrage magnifique, remporte l’étape de coupe du monde et remporte 51.250 euros à Leipzig. Cela ne va plus ! Quand la coupe du monde a commencé, à chaque concours, le vainqueur gagnait une voiture et de l’argent en plus ! A cette époque, c’était le plus gros prize money qui existait ! Aujourd’hui dans le circuit coupe du monde, Bâle offre un peu plus et Bordeaux aussi …. Mais pas comme les autres concours ! Tous les Global Tour offrent plus et d’autres comme Aix la Chapelle qui donne un million et demi et les autres concours Rolex qui donnent entre 5 et 700.000 euros ! Si le circuit coupe du monde ne veut pas mourir, il doit mettre de l’argent ! C’est bien et c’est ok si des gens comme Viktor Daem peuvent montrer de belles choses sur ce circuit mais il faut bien admettre que ce n’est pas ce que le spectateur veut voir car ils ne les connaissent pas. A la fin, comme ces jeunes cavaliers ont bien fait … ça passe mais sinon ils se demandent pourquoi ils montent là.

Pour la ligue des nations et les coupes des nations, chaque concours Longines donne un million et la finale est à un peu moins de deux millions, ce qui est de l’argent. Le fait qu’il y ait moins de manches que par le passé ne me dérange pas. Par contre, je trouve que le choix des dates n’est pas toujours opportun. C’est très difficile de construire une équipe forte à Abu Dhabi alors que le concours se trouve en extérieur … avant la finale de la coupe du monde ! Mais comme m’a fait remarquer un entraineur allemand installé à Abu Dhabi depuis 10 ans, si on fait le concours deux mois plus tard, il y fera 45 degrés à l’ombre et c’est impossible ! Evidemment, je comprends aussi le point de vue de Longines qui met 10 millions d’euros + les vols … et qui aimerait avoir le gratin mondial ! Depuis 2006, je suis dans le conseil d’administration d’Aix-la-Chapelle, nous avions réussi à augmenter la dotation du Grand Prix mais je trouvais que l’on dit souvent que la coupe des nations était l’épreuve la plus importante sur le CSIO mais la dotation n’était pas suffisante. Nous avions quand même déjà 300.000 dans la coupe des nations mais nous avons augmenté progressivement la dotation du Grand Prix jusqu’à 1,5 millions ! On ne doit pas oublier non plus que ce que l’équipe gagne, ils doivent encore le diviser en 4 ! On devait donner un signal aux autres. J’ai discuté avec les représentants de Mercedes en leur rappelant que nous sommes le meilleur concours du monde. Ils nous ont entendu et décidé de donner 1 million d’euros ! Directement, les autres coupes des nations ont aussi augmenté leurs dotations ! Cela doit maintenant être la même chose avec les Coupes du monde ! »

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Les championnats du monde dans votre jardin, cela vous donne une motivation supplémentaire en tant que chef d’équipe ?

P.W. : « Oui, évidemment ! Chaque CSIO ici est particulier pour moi. Lors de chaque CHIO, je demande qu’on me laisse tranquille jusqu’à la fin de la coupe des nations. Après, je suis disponible pour aller discuter avec les sponsors et les conférences de presse. Cette année, durant les championnats du monde de dressage, je serai disponible pour l’organisation mais une fois que le CSO commencera, je ne vais plus faire grand-chose d’autre que de m’occuper de mon équipe ! La dernière fois que nous devions nous faire élire, on m’a demandé si je voulais me représenter maintenant que j’étais chef d’équipe … mais j’ai décidé de rester.»

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Que peut-on vous souhaiter pour le futur ?

P.W. : « De la chance ? Sincèrement surtout une bonne santé mais aussi bien pour les cavaliers que pour leurs montures. J’ai une grosse pensée pour Jeroen Appellen qui s’est battu contre le cancer. J’ai l’ai appelé régulièrement, il a apprécié que je le suive. Evidemment, on peut aussi nous souhaiter encore beaucoup de succès. »

FIN !

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