Printemps des Sports Equestres 26

Olivier Smeets, un président de jury heureux.

A Malines, Olivier Smeets prenait pour la première fois la présidence du jury pour la coupe du monde de dressage dans une année si particulière pour le dressage belge. Un doublé belge en coupe du monde, du jamais vu et tout cela deux ans après le podium de Flore De Winne et Flynn sur cette même piste qui avait déjà vu deux prodiums de Jeroen Devroe en 2015 et 2016 avec Eres DL. Une responsabilité assumée par ce véritable passionné qui consacre quasiment l’ensemble de ses jours de congés à cette belle discipline.

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« Cela parait déjà très loin. Les fêtes sont passées, le travail a repris, c’est le retour à la réalité. Juger reste un plaisir, ce n’est pas une profession … et je trouve que c’est très bien ainsi. Le moteur doit rester la passion. J’ai la chance de juger des épreuves de très haut niveau comme cette étape de coupe du monde mais j’aime aussi aller juger de petits concours intimes en donnant la chance aussi à ces cavaliers de bénéficier d’une expertise différente, c’est cela aussi l’essence même du dressage.

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Pour en revenir à Malines, cela reste un concours particulier où l’on sait que les dates ne favorisent pas toujours les meilleurs cavaliers à venir passer les fêtes en Belgique. Cette année, nous avons vraiment eu la chance d’avoir un très beau plateau où il était impossible de prédire le scénario. La qualité d’un juge est de noter les couples par rapport à la reprise qu’ils font le jour J, sans avoir d’apriori sur ce qu’ils ont fait dans le passé. Bien sûr, il y a des couples qu’on a déjà vus, mais on se doit d’en faire abstraction. Nous avons eu à Malines un plateau très homogène ou quelques couples sont sortis du lot.

Pour un juge, un nouveau couple comme celui de Justin Verboomen avec Djembe de Hus est certainement la chose la plus simple pour un juge car il n’y a pas d’attente et donc pas de pression. Je n’avais jamais vu Djembe de Hus avec sa cavalière précédente, je l’ai découvert à l’occasion du championnat de Belgique avec Justin. Il avait déjà montré qu’il avait de très grande qualité. Suivre l’évolution d’un tel couple est quelque chose d’assez excitant. On peut imaginer qu’ils ne peuvent que continuer à s’améliorer et je suis curieux de voir leur évolution. Le duel avec Larissa Pauluis était vraiment très serré surtout lors de la reprise libre. C’est fantastique de voir les progrès du dressage belge. C’est très bien pour Larissa, cette victoire  est le couronnement d’une très belle année. Flambeau a déroulé une reprise magnifique. La victoire a peut-être tourné en faveur de Larissa grâce au choix de sa reprise qui était plus difficile techniquement. Ce doublé n’était pas du tout écrit d’avance, on a vu que les scores étaient très serrés. Deux Belges sur les plus hautes marches du podium sur notre sol, c’est évidemment la cerise sur le gâteau pour le dressage belge.

En tant que juge, avoir les tribunes pleines ne change rien. Par contre, en tant qu’amateur de dressage, cela fait vraiment plaisir et cela rajoute cette petite touche électrique qui change un concours.

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Mon rôle de président de jury ne change pas fondamentalement de mon rôle de juge. Chaque concours amène une dose de stress mais c’est quelque chose de positif. C’est évidemment une fierté que de suivre les traces de Jacques van Daele et Mariette Withages, qui a été un véritable mentor pour moi. Ce rôle apporte des responsabilités supplémentaires et demande de la coordination avec les vétérinaires et les stewards mais cela ne change pas l’essence même de notre travail qui reste de noter les couples le jour J. C’est l’organisateur du concours qui invite les juges et désigne le président. Jeroen van Lent, le responsable du dressage à Malines est bien placé pour ce faire car il est également le chef d’équipe belge en dressage. Nous, nous découvrons la composition de l’équipe lors de la mise en ligne du programme du concours, soit deux mois avant.  En tant que président, j’essaie d’amener une cohésion dans l’équipe mais pour être honnête, ce n’est pas très difficile : car quels que soient les juges, nous sommes toujours heureux de nous retrouver. Nous ne faisons pas non plus de réunion préalablement aux épreuves car nous sommes tous formés à la même école lors de recyclages organisés par la FEI. Nous avons donc tous un système de cotation similaire où nous recherchons les mêmes choses (la fluidité et l’harmonie) avec des critères techniques précis. En revanche, nous faisons souvent une réunion après l’épreuve pour discuter de nos notes. Cela peut arriver d’avoir des différences d’opinions et c’est très intéressant de comprendre pourquoi. Cela n’a pas vraiment été nécessaire à Malines si ce n’est pour un cheval qui a sorti sa langue ce qui a été beaucoup plus visible pour certains juges que pour d’autres. Nous avons donc directement compris les écarts de points qu’il y avait eu !

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Personnellement, cela aura été trois longues journées puisque j’étais déjà présent pour la visite vétérinaire le samedi après-midi. J’ai eu l’occasion de suivre quelques épreuves de jumping, ce que je trouve toujours passionnant lorsque j’en ai l’occasion. Cela me fait aussi énormément vibrer et l’on peut aussi admirer tout le dressage qui est effectué dans cette discipline. Malines reste une véritable fête … même si je dois bien avouer que pour moi, le côté festif commence surtout lorsque le dressage se termine. Je reste vraiment satisfait de cette belle expérience. »  nous explique Olivier Smeets en tout simplicité et avec beaucoup de passion.

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