Georges Trulemans, le rêve éveillé d’une année sportive 2025 réussie ! (3/3)
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Qu’est-ce que vous retenez de cette année-ci avec Courrière, Ghlin, Compiègne, le 4* à Liège ?
G.T. : « C’est une année incroyable pour nous. Quand nous avons démarré 2025, je n’avais même pas cela en tête et je n’imagine même pas que tout cela puisse arriver. Personnellement, ça me donne encore plus de motivation. Les jeunes chevaux, c’est vraiment ce que j’aime faire. On s’est vraiment spécialisé là-dedans. J’ai souvent formé des chevaux jusqu’à 7-8 ans. Ici, avoir des chevaux plus âgés qui nous permettent de faire plus que ce qu’on a déjà fait c’est incroyable et j’espère que le fait d’avoir montré qu’on sait faire permettra à certains de penser à nous. Avoir le droit de sauter le 4* de Liège, qui aurait pu l’imaginer finalement ! Personne n’aurait même pu espérer que cela se passe aussi bien. »

Par contre, il y a une échéance, qui arrive, où on sait que Charlotte Philippe va se remettre en selle. Comment voyez-vous la suite ?
G.T. : « Je suis quelqu’un de très terre à terre … mais si je fais toujours ce métier-là, c’est parce que je rêve encore aussi ! Je suis courageux, je travaille dur parce que c’est nécessaire sinon ce n’est pas possible. Les jeunes chevaux, on aime ça et ça fait tourner la boutique mais j’espère bien pouvoir refaire ce genre de concours. J’ai la chance d’avoir encore Dhengis qui a suivi Electro l’an dernier et a emmagasiné beaucoup d’expérience grâce à lui. Tant qu’il est toujours là car les chevaux que je monte sont toujours à vendre, j’espère pouvoir sauter assez vite des Grand Prix deux étoiles. Maintenant, il faut être très clair : pour moi, Electro est un cheval incroyable. Je lui dois beaucoup et je risque de ne pas trouver un second comme lui de sitôt. Jusqu’à présent, j’avais pu monter des chevaux atypiques qui me permettaient d’évoluer régulièrement sur du deux étoiles. »


Réussir à concilier la vie de famille entre tout cela, c’est possible ?
G.T. : « Il faut bien avouer que cela a été très compliqué au départ. Je dois bien avouer que j’ai vécu un peu dans le déni où je vivais mon rêve et j’ai été moins présent ce qui n’est pas évident quand on a un nouveau-né à la maison. J’ai essayé d’être le plus présent possible pour ma famille mais avec le recul, je me rends compte que ce n’est pas suffisant. Je pense que cela a été une épreuve qui nous a rendu plus fort et je suis sûr que nous allons mieux gérer cela en 2026 pour l’on puisse en profiter en famille. C’est ce que nous avons toujours voulu. Nous travaillons en famille et nous voulons vivre ces moments en famille aussi. »


Cela aide d’avoir des stands de la Maison Massin sur les terrains de concours ?
G.T. : « Cindy avait déjà des stands lors des concours hivernaux de Welkenraedt puis comme je connaissais d’autres centres équestres, on m’a demandé pour voir si elle accepterait de venir sur d’autres concours. Ensuite, comme elle a toujours fait, elle a géré de main de maître et elle a avancé. Aujourd’hui, elle est présente à Courrière, à Lanaken et évidemment au jumping de Liège où sa présence, en tant que commerçante liégeoise, n’en a que plus de sens. »



Vous vous imaginiez participer à la boulangerie en plus d’être dans les chevaux ?
G.T. : « Alors là, pas du tout ! (rire). Au début, absolument pas. Aujourd’hui, c’est compliqué avec l’organisation des écuries mais dans les grosses périodes, j’essaie d’être là et je fais mon maximum pour l’aider alors qu’elle est là en permanence pour moi. Jongler entre les deux sociétés et notre fils fait partie intégrante de notre vie de famille. Scinder notre vie professionnelle et privée n’est pas si simple. On y arrive mais principalement grâce à sa gestion irréprochable. »



Vous êtes aussi un passionné d’élevage. Vous avez eu quelques poulains dont certains vous ont permis de faire de belles épreuves.
G.T. : « Oui, tout à fait. Au départ, j’ai élevé en me disant que j’espérais avoir un jour un bon produit que je pourrais garder et faire de belles épreuves avec lui. Mais j’ai vite été rattrapé par la réalité et je me suis rendu compte que l’élevage coûtait cher et que ce n’était pas possible de les garder tous. A un moment donné, j’élevais 3-4 poulains l’année. Ce n’est pas énorme mais pour un petit comme moi, c’était déjà beaucoup et très onéreux. Je me suis vite retrouvé en difficulté financière de les accumuler sur trois, quatre ans. J’ai dû faire des choix mais j’ai pu en conserver l’un ou l’autre qui me plaisaient vraiment. Cela m’a permis de conserver un cheval comme Brin d’Or jusqu’à ses 8 ans. Il m’a vraiment mis le pied à l’étrier car c’était l’époque où j’ai commencé à avoir des chevaux plus âgés et plus mûr qui m’ont permis de goûter à mes premiers internationaux. »

Le fait de vendre Brin d’Or à 8 ans, c’est votre côté réaliste qui dépasse le côté rêveur ?
G.T. : « Au départ, j’étais vraiment borné à ne pas le vendre … mais le côté réaliste m’a rattrapé. A un moment, on n’a pas le choix. On n’est pas assez fort financièrement pour pouvoir les tenir ni même logistique à l’époque que pour pouvoir proposer à ce cheval de partir toutes les deux trois semaines en inter. Nous n’étions pas encore prêts, aujourd’hui, nous commençons à pouvoir nous le permettre parce que nous l’avons vendu justement ! C’était nécessaire autant pour lui que pour nous. »

En tant que passionné d’élevage, vous êtes surpris aujourd’hui d’avoir essentiellement des professionnels qui vous confient des chevaux et très peu d’éleveurs ?
G.T. : « Je suis surpris mais aussi assez fier des personnes professionnels qui pensent à nous car ce sont des gens qui ont aussi très bien réussi dans leur métier. On travaille vraiment en collaboration avec eux et ça, c’est une fierté. Vis-à-vis des éleveurs, je pense qu’il faut bien se rendre compte que mettre un cheval au travail, cela coûte de l’argent. Je sais que j’évolue dans une structure modeste, loin du luxe de beaucoup, mais qui est par contre très fonctionnelle et avec de très bons sols, ce qui nous permet d’avoir des prix très abordables. Les coûts montent néanmoins très vite et je comprends que les éleveurs réfléchissent de plus en plus avant de confier de jeunes chevaux. Aujourd’hui, travailler avec des gens comme Steve Tinti, Maarten Driessen, Loris Berrittella ou encore Robinson Maupiler, c’est une chance car il me conseille également. Par contre, il est très clair qu’avec eux, le commerce est une priorité absolue. »


Pourquoi est-ce si important pour vous de faire attention à l’image que vous dégagez ? C’est nécessaire pour être reconnu comme professionnel ?
G.T. : « Je pense que oui. En tout cas, c’est important à mes yeux. Je ne sais pas si c’est lié à notre région. Ce qui est certain, c’est que dans ma vie, ce que j’ai, je me suis battu pour l’avoir. Ce n’est pas tombé du ciel. Finalement, on avance petit à petit mais on avance ! Cindy est partie prenante dans l’image que nous essayons de renvoyer de nos structures. J’ai vraiment ce sentiment qu’il y a ce besoin de nous mettre au mieux en valeur pour que les gens, au moins de notre région, pensent à nous. Les gens savent que quand il me confie des chevaux, ils arriveront propres et bien toilettés en piste. Cela a toujours été le cas et je ne changerai pas. Au concours, je ne suis pas quelqu’un qui se met en valeur à parler avec les gens. J’ai suffisamment de travail sur place et lorsque j’ai fini, je tiens à rentrer m’occuper de mon fils et pour le bien être des chevaux plutôt que de rester dans une cafétéria. »

Comment voyez-vous votre avenir ?
G.T. : « Dans les chevaux ! (rire) Sincèrement, ce que j’espère au fond de moi, c’est d’arriver à conserver quelques chevaux pour faire au moins du deux étoiles même si je reste ambitieux et que vivre des moments comme Liège, cela donne envie mais je veux rester réaliste. On espère évidemment goûter un peu plus au vrai sport car c’est pour ça que je monte à cheval. Rentrer en piste à Liège avec un petit mot gentil de Philippe Le Jeune jr, cela motive énormément. Je n’oublierai jamais ce moment et en même temps, je reste aussi passionné par les jeunes chevaux et la formation qui sont le cœur de mon métier. »
FIN




