Henrik von Eckermann s’empare du Grand Prix Longines d’Equita Lyon.
Publié par Elea Clément le 31/10/2026Première grande soirée à Equita Lyon, et quel scénario ! Comme le veut la tradition, le premier grand rendez-vous du CHI 5* de Lyon se déroule le vendredi soir, lors d’une soirée offerte par Longines. Cette année, à l’issue d’une soirée riche en rebondissements, c’est finalement Henrik von Eckermann qui s’est brillamment imposé aux rênes de sa bondissante Hylanderhof’s Saruschka (Stakkato Gold), qui fait ses premiers sauts dans la cour des grands.

20 h 30, des tribunes combles et une ambiance électrique pour accueillir les 44 couples engagés dans cette épreuve avec barrage, qui a réservé bien des surprises.
Le parcours initial a d’abord offert son lot de rebondissements. Le mur Longines, placé en numéro 10 à la sortie d’une courbe, a inquiété quelques chevaux, à l’image d’Orelie ( Emerald), la complice de Janika Sprunger, qui n’a pas voulu franchir cet obstacle. Même scénario pour la monture de Petronella Andersson, qui a contraint la cavalière suédoise à effectuer un cercle avant de terminer son parcours.
Jeanne Sadran a également fait une frayeur à son public en chutant de son Dexter de Kerglenn (Mylord Carthago) à la réception du premier élément du triple. Une chute qui s’est finalement avérée sans gravité. Frédéric Vernaet et son impressionnant Orak d’Hamwyck T&L (Tobago Z) se sont, quant à eux, retirés de la compétition après un refus sur le numéro 3, qui a semblé inquiéter l’étalon de 12 ans.
Malgré les difficultés rencontrées par certains, d’autres ont connu une soirée plus heureuse : 12 couples sont tout de même parvenus à se qualifier pour le barrage, dont Martin Fuchs, qui a ouvert le bal des sans faute ou encore Pedro Junqueira Muylaert qui a terminé son parcours sans pénalité malgré une rêne cassée ! Ce barrage promettait alors une belle finale, mais là encore, le public lyonnais n’était pas au bout de ses surprises.


Martin Fuchs, qui avait la lourde tâche d’ouvrir ce barrage, n’a pas pour habitude de prendre son temps et, comme prévu, il réalise un barrage supersonique. Jusqu’à l’avant-dernier obstacle, rien ne semblait pouvoir lui arriver, mais malheureusement, cet oxer situé près de l’entrée de piste tombe. Le cavalier suisse franchit tout de même la ligne d’arrivée en 43,99 secondes, un chronomètre qui semble extrêmement rapide. Mais il le sait : cette faute va sûrement lui coûter cher…

« J’ai fait un super barrage, mais je n’ai pas très bien monté mon virage avant l’avant-dernier obstacle. J’ai perdu un petit peu de fluidité et il s’est retrouvé trop près de l’oxer. Honnêtement, cette faute m’énerve, car je voulais vraiment faire deux beaux parcours aujourd’hui, mais je suis très content de finir sur le podium. Si c’était à refaire, j’aurais tourné encore plus court, sans reprendre, pour faire une foulée de moins et avoir une bonne distance sur cet oxer. C’est bien, car ce barrage était délicat. Pour le public, ce n’est peut-être pas le plus agréable, mais pour les cavaliers et les chevaux, je trouve cela vraiment bien. Nous sommes obligés de monter très correctement. Cela permet également d’aider les chevaux qui ne peuvent pas forcément aller trop vite, car nous sommes obligés de monter avec notre tête et beaucoup de concentration. Lorde disputera le Grand Prix dimanche et ne refera plus de parcours d’ici là. C’est Fave qui fera les Equita Masters. Pour le moment, il a fait trois parcours à 1,50 m, où il s’est classé deux fois deuxième et une fois quatrième. Demain, ce sera encore un petit peu plus haut, mais le cheval a déjà montré qu’il savait faire des Grands Prix 5*. À moi d’être en forme ! », explique Martin Fuchs, alors qu’il a finalement terminé sur la troisième marche du podium.

Armando Trapote et Tornado VS (Toulon), un autre couple d’expérience, s’élancent ensuite et tentent également de prendre tous les risques. Malheureusement, les sabots du bai de 15 ans renversent deux obstacles et relèguent le couple espagnol à la 10e place finale.

C’est ensuite au tour de Marc McAuley de s’élancer aux rênes de Clooney van Spalbeek Z (Comilfo Plus Z), qui n’a que 9 ans. Pourtant, le cavalier irlandais opte pour l’option courte et semble se rapprocher du tracé de Martin Fuchs, malgré le peu d’expérience de son cheval. Malheureusement, une barre tombe là encore et le chronomètre est moins rapide que celui du Suisse. Le couple terminera finalement cinquième, une belle performance tout de même pour ce cheval qui ne disputait ici que son deuxième Grand Prix 5*, après avoir pris part à celui de Gassin en septembre, où il avait d’ailleurs terminé cinquième.

Le barrage ne semble alors pas si facile et peut-être que Martin Fuchs a réalisé une belle opération, mais 9 couples doivent encore tenter leur chance.
La première Française entre alors en piste et le public s’enflamme pour accueillir la locale de l’étape, Mégane Moissonnier. La cavalière tricolore se montre prudente : elle ne prend pas toutes les options, mais son Glamour du Lys (Tobago Chevrier) ne laisse aucune barre à terre. Elle franchit finalement la ligne d’arrivée en 51,06 secondes. Le hall exulte, mais la cavalière française a peut-être pris trop de temps et se voit finalement pénalisée d’un point de temps dépassé. Toujours aucun double sans-faute n’est alors enregistré, mais cette performance lui permet tout de même de prendre la tête du classement provisoire.


« Évidemment, je suis très contente de mon cheval ce soir. Ce n’est que son deuxième concours indoor. Je suis allée à Liège la semaine dernière, mais il n’a pas sauté très haut. Il était un petit peu inquiet, notamment à cause du bruit, et un peu plus stressé que d’habitude, mais il a quand même donné le meilleur de lui-même sur ses deux parcours aujourd’hui. Si c’était à refaire, et même s’il y avait eu davantage de sans-faute avant moi, j’aurais refait le même barrage. Les virages étaient vraiment très serrés et je pense qu’il n’est pas encore prêt à effectuer ce genre de tournants à ces hauteurs-là, d’autant qu’il va sauter le Grand Prix dimanche. Nous voulions donc vraiment le garder en confiance. Il est quand même à l’aise sur cette piste. Il était plus calme au barrage, car il avait déjà découvert l’atmosphère. J’espère donc que dimanche, il sera encore mieux. C’est un cheval qui n’a pas encore beaucoup d’expérience à ce niveau-là, mais je crois beaucoup en lui. Je pense qu’à l’avenir, ce sera un très bon cheval. Il a tout pour faire de grands championnats. Je compte beaucoup sur lui pour les années à venir. Il a beaucoup de facilité et un très bon mental, donc je suis vraiment contente de l’avoir à mes côtés. L’ambiance est incroyable ici, à Lyon, surtout pour moi qui suis une des locales de l’étape. On sent que le public est derrière nous dès que l’on entre en piste et cela nous porte. Nous avons envie de bien faire pour toutes ces personnes qui nous regardent, mais aussi pour Sylvie Robert, qui me suit depuis de nombreuses années maintenant », réagit Mégane après sa deuxième place au classement définitif.


Derrière, les fautes s’enchaînent. L’oxer situé devant l’entrée de piste, qui avait déjà fait défaut à Martin Fuchs, continue de faire des dégâts et pénalise notamment Émilie Conter et Paula de Boer-Schwarz, qui termineront respectivement cinquième et sixième aux rênes de Portobella van de Fruitkorf (Bamako de Muze) et My Miss Marpel OLD (Mylord Carthago HN).


Henrik von Eckermann s’élance en dixième position alors qu’aucun couple n’est encore parvenu à signer un double sans-faute. Il prend le départ aux rênes de sa fille de Stakkato Gold, encore peu expérimentée à ce niveau d’épreuve, et choisit alors d’assurer un parcours sans faute en imprimant un bon galop afin de rentrer dans le temps imparti. Et c’est chose faite ! Le premier double sans-faute de la soirée est enfin enregistré et il ne reste plus que deux couples susceptibles de le détrôner.




Niels Bruynseels avait sellé Origi VD Vosberg (Echo van T Spieveld) pour cette épreuve et se voit finalement pénalisé de quatre points, ce qui le classe à la huitième place.

Le dernier à pouvoir espérer l’emporter est alors Gaétan Joliat, âgé de seulement 21 ans et lui aussi au rendez-vous de ce barrage. Dès le premier virage, le jeune Suisse tourne court, mais les sabots de Chelsea Z (Chellano Alpha Z) renversent le deuxième obstacle. Une faute synonyme de neuvième place finale pour le Suisse et de victoire pour Henrik von Eckermann, qui signe ainsi le seul double sans-faute de la soirée.

« Je n’ai pas été le plus rapide aujourd’hui mais parfois, il faut monter avec sa tête, et c’est ce que j’ai fait aujourd’hui. Ce sont les premiers parcours de ma jument en indoor. C’est d’ailleurs son premier concours indoor, donc je me suis dit qu’elle n’était pas encore tout à fait prête à prendre tous les virages les plus courts. Je savais qu’il ne restait que deux partants après moi, alors je me suis dit que ce serait peut-être mon jour de chance. Et ça l’a été ! Je suis donc vraiment content. J’ai cette jument depuis un peu plus d’un an. Je crois beaucoup en elle. Elle a énormément de sang. Elle a disputé deux Grands Prix 5* en extérieur, sur de grandes pistes, où elle s’est très bien comportée et a d’ailleurs été classée. J’ai néanmoins trouvé qu’elle n’était pas tout à fait prête et qu’elle devait être un peu plus à l’écoute. J’ai donc décidé de lui faire sauter de moins gros parcours pour qu’elle puisse retrouver de bonnes sensations sur des parcours adaptés. Je me suis alors dit qu’elle était prête à revenir dans un Grand Prix. Je ne voulais pas qu’elle saute uniquement sur son talent. C’était donc une belle journée. Elle courra les Equita Masters demain. C’était déjà une étape importante de sauter ce Grand Prix aujourd’hui, et dimanche, le niveau sera encore plus difficile. Je ne veux pas aller trop vite avec elle. Minute Man est en forme, donc c’est lui qui disputera le Grand Prix. Je souhaite préserver ma jument pour le moment, car je pense vraiment que, lorsqu’elle aura davantage d’expérience, nous devrions encore la voir gagner. C’est une jument qui a très peur des autres chevaux, les paddocks sont donc très compliqués avec elle. Mais une fois en piste, c’est vraiment une lionne ! Elle est à l’aise dans ce qu’elle fait et je n’ai quasiment plus rien à faire. Elle a simplement encore besoin de prendre confiance. Je suis vraiment heureux du piquet de chevaux dont je dispose actuellement. Cela a pris du temps, mais nous avons reconstruit quelque chose de solide. J’ai hâte de voir ce que l’avenir nous réserve. » se réjouit Henrik Von Eckermann après sa victoire dans ce Grand Prix qu’il n’avait encore jamais gagné.





