Maureen Bourse, une médaillée européenne au poney club !
Publié par Julien Counet le 06/10/2026Sur les hauteurs de Verviers, au cercle équestre de Jonckeu, la Olnoise Maureen Bourse vit une vie presque normale d’étudiante passionnée de chevaux. Pourtant, cette année, son poney français de selle, Galliano d’Argan (Consul de Vie Z x Dyfed Scamp), a décidé de l’emmener dans une autre dimension ! Issu d’un croisement entre un étalon cheval qui a évolué jusqu’en Grand Prix 3* avec une souche Welsh importée de Grande-Bretagne, ce petit bai Quatrième du championnat de Belgique poney, double sans-faute dans la coupe des nations de Zuidwolde avant d’arracher une brillante médaille de bronze lors des championnats d’Europe poney au Mans. À 14 ans, la jeune demoiselle vit un rêve éveillé en étant restée fidèle à la structure qui l’a mise en selle.

« Vers deux ans, je commençais déjà à aller caresser les chevaux au bord des routes puis à trois ans, j’ai fait mon premier stage poney à l’âge de 3 ans ici même au Jonckeu. Je ne pouvais plus aller à la crèche et mes parents ont trouvé ce stage qui était l’un des rares où je pouvais participer. Je ne me suis ensuite plus jamais arrêtée. Vers 6 ans, je commence à sauter mes premières barres avec des poneys shetlands. D’abord des concours intimes au sein du manège puis j’ai commencé à aller en extérieur. A 8 ans, j’ai fait ma première saison complète en 50cm avec Vic, le petit shetland du manège qui avait un peu de caractère. Ce n’était pas gagné car au départ, je tombais tout le temps … mais lorsqu’on arrivait au concours, il adorait ça et on s’amusait tous les deux ! J’ai ensuite fait une autre saison complète en 60cm avec un autre shetland un peu plus grand, Shenzy. J’ai ensuite continué à la fois en jumping et en complet. La compétition m’a toujours attirée depuis le début même dans d’autres sports d’ailleurs. En dehors des chevaux, j’ai fait un peu de natation, j’ai essayé la danse mais cela n’a pas été un grand succès puis je me suis essayée au self-défense durant deux ou trois ans mais j’ai arrêté pour ne plus faire que les chevaux. À partir de ce moment, je suis venue encore plus souvent, quasiment tous les jours en fait car même si je ne montais pas, je venais quand même avec ma maman qui est aussi passionnée de chevaux. Elle avait arrêté de monter après ses études mais lorsque j’ai commencé à monter, elle a recommencé et nous partageons cela ensemble aujourd’hui.

J’ai monté en poney club jusqu’à mes dix ans et si aujourd’hui, j’ai mon poney, je monte toujours en leçons collectives, surtout pour le dressage où je monte encore avec Martine Beuken. C’est une personne qui compte beaucoup dans mon évolution car c’est déjà elle qui avait été trouver mes parents pour leur dire que s’ils voulaient que je continue à évoluer, ce serait bien que je puisse avoir mon propre poney. C’est comme cela que j’ai été essayer celui qui allait devenir mon premier poney. Il est venu un mois à l’essai et un jour, au réveil, j’ai appris que j’avais mon premier poney : un grand poney gris que j’ai gardé deux ans. Au départ, nous espérions le garder plus longtemps mais elle était limitée. Nous avons été jusqu’en épreuve 1m-1m05 mais c’était son maximum. J’ai dû me résoudre de la vendre pour pouvoir acheter un autre et continuer à évoluer. Ça a été un moment très difficile. Heureusement, Galliano était déjà arrivé deux mois avant et je montais le cheval d’une amie pendant qu’elle était enceinte, ce qui m’a permis de passer un peu plus facilement à autre chose même si ça ne nous a pas empêché de pleurer toute la journée avec ma maman lorsqu’il est parti.

Lorsque nous avons acheté Galliano, nous espérions faire des épreuves 1m10 et peut-être 1m20. Il n’est pas grand, il toise 1m42, il est très petit … alors nous n’avions jamais imaginé faire ce que nous faisons aujourd’hui. »

Un poney qui n’a pas peur de la toise et qui est installé avec sa cavalière en poney club, c’est une réalité qui devient très rare dans ce milieu d’autant que comme les autres enfants de son âge, cette petite cavalière continue d’avoir un parcours scolaire tout à fait classique.

« C’est vrai que je suis une des seules dans ce cas mais ça ne me dérange pas. J’ai toutes mes amies qui sont ici aux écuries et je ne m’imagine pas du tout être toute seule dans une autre écurie. Je pense que mes amies se rendent vraiment compte de ce que je fais. Parfois, on me demande un peu d’aide ou un conseil pour un cheval, cela me touche et me fait vraiment plaisir. Je me rends compte en compétition poney que beaucoup suivent les cours à domicile mais je trouve que l’école permet de garder les pieds sur terre. Cela me permet aussi d’avoir des contacts avec des personnes en dehors du monde équestre. Cela permet aussi de parler d’autres choses alors que j’ai des amis qui n’ont plus que ce sujet-là ! Pour mes parents, les études sont très importantes et sincèrement, même si je m’imagine travailler au milieu des chevaux, je ne me vois pas devenir cavalière à temps plein. Je compte évidemment continuer à monter toute ma vie mais j’aimerais bien aller à l’université et devenir ostéopathe pour animaux. »

En plus des leçons du poney club, la cavalière reçoit un peu d’aide de l’extérieur petit à petit. « Erik Kalevi Jordan m’a beaucoup aidé par le passé avec mon premier poney mais avec Galliano, j’avais besoin de quelqu’un qui serait plus présent. J’étais très contente de son travail mais Erik habitait loin et n’était pas très disponible. Je prenais encore à l’époque des leçons d’obstacle en groupe en parallèle mais Martine trouvait que ce n’était plus adapté. Ma maman a alors commencé à travailler son cheval avec Georges Trulemans puis j’ai monté une fois en même temps qu’elle puis nous avons continué ensemble. J’ai tout de suite beaucoup aimé sa façon de donner cours. Pendant plusieurs mois, il ne s’est focalisé que sur le poney et non sur moi. Il était concentré sur la manière dont sautait le poney et la technique qui était nécessaire. Aujourd’hui, il m’apprend à ne pas le gêner et à me permettre de le faire sauter encore mieux. Il regarde surtout les chevaux avant de nous regarder nous. Galliano était en fin d’année de 7 ans lorsqu’il est arrivé. Il était arrivé en Belgique près de Courtrai depuis quelques mois seulement. Nous avons été l’essayé deux fois puis un jour, j’ai découvert qu’il était aux écuries. C’était une chouette découverte, j’étais vraiment contente.»

Malgré un circuit poney peu développé, la jeune amazone se fraie son propre chemin. « Je fais la saison Botte d’or qui est un circuit poney en Flandre où l’on a toujours de belles pistes. Le déclic est arrivé fin de l’année dernière où j’ai fait ma première épreuve 1m20 à Courrière en décembre puis un suivant en début d’année. Tout s’est enchainé ensuite rapidement avec le championnat de Belgique puis directement une coupe des nations. J’ai ensuite refait plusieurs concours sur 1m20 puis directement les championnats d’Europe. C’est là que tout est monté d’un coup. »

La première coupe des nations, un passage important … qui peut vite être compliqué quand tout ne s’aligne pas. « Je n’étais pas très sereine pour ce concours car c’était le premier où ma maman ne savait pas m’accompagner. Elle ne pouvait pas être présente le jour de la coupe des nations ! Le chef d’équipe Hendrik Denutte s’est occupé de moi, j’ai fait la reconnaissance avec lui et il m’a coaché alors que mon papa, qui n’est pas du tout dans le monde des chevaux, m’a aidé à préparer mon poney … mais c’est au moment d’entrer en piste sur Galliano que je me rends vraiment compte de la hauteur des obstacles. Je trouvais ça vraiment gros … mais finalement, je fais mon premier correct sur 1m30. Une heure et demi après, il y avait la seconde manche et je signe un nouveau sans-faute ! C’était étonnant car j’étais la seule de l’équipe à signer le double sans-faute … mais j’étais aussi la seule à ne jamais avoir fait de coupe des nations avant ! Tout le monde était vraiment super content pour moi, c’était vraiment chouette. »

Une première sélection qui intervient quelques semaines après les championnats de Belgique où la demoiselle termine 4ème après avoir remporté la chasse le premier jour. « La finale du championnat de Belgique, ça a été mon premier parcours sur 1m30. Lorsque j’ai vu le nombre d’abandons qu’il y avait comme le parcours était très technique j’avais juste dans l’optique de terminer mon parcours. Je ne me suis mise aucune pression. La hauteur me stressait un peu car je n’avais jamais fait ça mais ça ne m’impressionnait pas plus que d’habitude. C’était un parcours technique comme j’ai l’habitude d’en faire et j’aime bien ça donc je me suis lancée avec l’objectif d’arriver au bout et j’ai fini avec deux fautes. J’étais très satisfaite.

On n’avait pas du tout pensé aux championnats d’Europe poney mais il y a très peu de poneys en Belgique et lors des championnats de Belgique, le sélectionneur a regardé ceux qui faisaient de bons résultats. A la fin de la coupe des nations, Hendrik Denutte a discuté avec nous. Il voulait tester d’autres couples lors de la seconde coupe et nous a dit qu’il reviendrait vers nous si nous étions qualifiés pour les championnats d’Europe. J’ai reçu un appel pendant mes examens pour me dire que j’étais prise pour les championnats d’Europe. A cette époque, on pensait que je serai réserviste … mais finalement, j’ai intégré l’équipe !

Quand j’ai vu le monde présent avec toutes les disciplines, les différents pays … je n’étais pas bien du tout ! J’étais très stressée et je pense que tout le monde l’était. A chaque parcours, nous tremblions tous. Lors du premier parcours, j’ai fait 12 points, j’étais déçue… mais je me dis que c’est quand même vraiment bien d’être quand même aux championnats d’Europe. Le lendemain, premier tour de la coupe des nations, mon poney s’arrête sur un obstacle très impressionnant. Nous n’avions jamais eu l’occasion de nous entrainer sur des obstacles pareils car nous n’avons pas d’obstacle aussi regardant… nous terminons notre tour avec encore du temps dépassé quelques fautes. J’étais vraiment déçue pour l’équipe mais comme les autres avaient bien fait, on continue. Le tour d’après, on apprend qu’avec un correct si les autres font bien, on a des chances de finir sur le podium. Le stress monte encore d’un cran et lors de mon second tour, il y a de nouveau ce même obstacle. J’ai tout donné et il l’a passé sans soucis. Je termine avec une faute, j’étais vraiment très contente ! Lorsque la dernière de l’équipe entre en piste, on ne lui dit rien mais on sait que si elle fait un parcours correct, nous sommes sur le podium. Malheureusement, elle fait une barre. La Suède doit néanmoins encore s’élancer et tout autre résultat qu’un sans-faute nous permettrait de passer devant eux. On ne voulait pas regarder son parcours … mais finalement, on décide quand même de regarder la dernière combinaison qui était très technique et au moment où on arrive, elle fait la faute. Le chef d’équipe nous a emmené au paddock où nous avons célébré cette médaille. On pleurait littéralement de joie. Pouvoir monter sur le podium, c’était vraiment super chouette. Pour le chef d’équipe aussi car cela fait deux années consécutives où la Belgique est sur le podium. »

Ce sont des résultats qui attirent les convoitises avec un poney qui impressionne à seulement 10 ans avec une jeune cavalière de 14 ans …
« Malheureusement, je sais déjà que nous n’allons malheureusement pas pouvoir le conserver indéfiniment. C’est très dur à accepter. C’est le poney le plus important dans ma vie et si j’en suis là, c’est en grande partie grâce à lui et évidemment grâce à tous les profs qui sont autour de moi. Le fait d’arriver à ce niveau, c’est grâce à lui et le fait d’avoir des propositions d’autres personnes aujourd’hui qui me proposent de monter d’autres poneys, c’est grâce à lui aussi ! Je sais néanmoins que je commence à devenir trop grande et qu’il y a plein d’autres personnes qui pourront très bien s’occuper de lui. Aujourd’hui, on parle plus de moi grâce à lui et s’il part, il me permettra de pouvoir acheter un cheval pour continuer à monter. J’ai la chance qu’on me propose aussi d’autres poneys pour continuer, je l’espère, à évoluer au haut niveau en poney. J’aimerais vraiment encore faire un an en poney mais, comme je commence vraiment à grandir, il est fort probable que plus longtemps soit difficile. Nous avons actuellement un cheval de 4 ans qui est très grande et nous espérons trouver un cheval qui est déjà prêt à sauter à ces hauteurs pour me permettre de rester dedans. »

Un retour discret à l’école malgré la médaille … « On m’en parle un peu. Les personnes qui font de l’équitation m’en parlent un peu mais ça s’arrête là. Lors des concours où j’ai dû m’absenter de l’école, j’ai la chance d’avoir de très bonnes amies qui m’envoient à chaque fois les cours, jour après jour ! Cela me permet de me remettre en ordre et c’est le plus important. J’ai la chance aussi d’avoir des profs très compréhensifs qui me permettent de repasser des tests soit pendant leurs cours, soit pendant mes heures d’études. C’est chouette d’avoir des profs toujours à l’écoute pour tenter de faire ce qui m’arrange le plus. »

Une maman et une jeune fille passionnée, c’est aussi un papa qui suit ses femmes dans leur passion.
« Mon papa, c’est un peu le chauffeur ! C’est lui qui conduit le camion mais il ne reste pas toujours toute la journée. Parfois, il vient juste pour voir mon tour puis il repart directement. Il n’était pas spécialement très joyeux à l’idée de passer une semaine au Mans entouré de poneys car ce n’est pas sa passion et ce n’était pas comme ça qu’il avait imaginé ses vacances mais finalement, il s’est très bien amusé avec les autres parents. Il est également venu à la finale de la coupe des nations même s’il ne savait pas rester tous les jours. »

Une finale de coupe des nations où le coach était présent pour la première fois.
« Georges Trulemans m’avait accompagné une fois au jumping de Liège l’année dernière mais c’était vraiment agréable de l’avoir avec moi pour cet événement. Il nous aide beaucoup par téléphone d’habitude mais on peut vite être perdu alors que l’avoir sur place, c’est confortable. A la reconnaissance, tout est précis et millimétré. C’est vraiment chouette car j’aime bien avoir beaucoup d’informations pour savoir exactement ce que je dois faire et il sait très bien faire cela. Il me donne vraiment toutes les informations qu’il faut avoir non seulement si on s’en tient au plan de base mais aussi si les choses ne se passent pas comme prévu. Toutes les options sont envisagées. Il nous connaît par cœur, du coup, il sait exactement comment il veut que le paddock se passe. Cela permet aussi d’éviter les tensions car quand maman s’occupe de moi, on n’est parfois pas d’accord car quand ça ne se passe pas comme on le voudrait, on ne sait pas toujours comment réagir. Ceci dit vivre cette passion avec ma maman, c’est vraiment quelque chose de magnifique. On vient toutes les deux ensemble aux écuries. Je vois des amies qui viennent seules aux écuries alors que grâce à ma maman, je peux partir en balade à nous deux et partager beaucoup de choses, ce qui est vraiment chouette. »

L’avenir semble tout tracé pour cette jeune cavalière aux débuts impressionnants.
« J’aimerais évidemment faire la même chose que ce que j’ai fait à poney … mais à cheval. Réussir à atteindre le même niveau, je pense que c’est le mieux que je puisse faire ! »
FIN
Photos : Jump-off & Lisa Naanahi







