La France au bout du suspense.
Il y a des coupes des nations qui réservent bien des surprises. L’édition 2026 de celle de La Baule en fait clairement partie. Un plateau très relevé sur ce terrain en herbe qui faisait clairement partie des qualificatives pour les mondiaux pour de nombreux chefs d’équipes qui étaient venus récolter des informations.
Néanmoins, les premiers partants trouvent d’emblée la réponse de l’énigme du parcours dessiné par Grégory Bodo … mais cela changera vite. A la fin de la première manche, deux équipes sont encore à 0 alors que la France compte un point et la Suède est en embuscade à 4 points.



La Belgique a alterné le chaud et le froid. Nicola Philippaerts obligé de sortir de piste après la blessure de For Killy sur le dernier obstacle qui perturbera sa préparation, ne pourra éviter trois fautes en première manche avant de ne sortir qu’avec une faute lors de sa seconde avec Katanga vh Dungeshof (Cardento) alors que Grégory Wathelet paiera clairement le manque de concours de Bond Jamesbond de Hay (Diamant de Sémilly) auteur de 8 et 4 points.




Par contre, Pieter Devos aura signé un magnifique double sans-faute avec une Casual DV Z (Cornet Obolensky) qui enchaine les bons résultats alors qu’Ermitage Kalone (Catoki) retrouve le rythme et réussi lui aussi deux parcours sans faute avec néanmoins un point de temps dépassé qui les conduira vers la cinquième place finale.
La seconde manche peut parfois être cruelle comme l’a expérimenté la Grande Bretagne. Avec trois parcours sans-faute en première manche, ils étaient en course pour la victoire … mais finalement aucun cavalier ne réussira à rééditer repoussant leur nation à la quatrième place finale.


Exactement l’inverse de l’Irlande qui n’avait pu compter que sur un parcours pénalisé d’un point de temps de Bertram Allen en première manche avec Qonquest de Rigo (Fantomas de Muze) mais qui verra ses trois premiers cavaliers aligner des sans-faute en seconde manche pour remonter sur la troisième marche du podium.


Mais devant, c’est un duel inattendu. La numéro un française Nina Mallevaey lance ce second tour avec une faute sur sa géniale Dynastie de Beaufour (Diamant de Sémilly) qui semble éloigné son équipe de la lutte finale. Pourtant ses équipiers répondent présents. Olivier Perreau signe un sans-faute magnifique avec GL Evenets Dorai d’Aiguilly (Kannan) qui relance son équipe alors que le jeune Antoine Ermann tient une nouvelle fois la pression, se concentre sur le chronomètre et signe également le sans-faute !

Dans le même temps, après les doubles sans-faute d’André Thieme sur sa fantastique DSP Chakaria (Chap 47) mais aussi de Sophie Hinners avec Iron Dames Singclair (Singular Joter), Daniel Deusser relance le suspens avec une faute sur l’ultime obstacle avec Otello de Guldenboom (Tobago Z). La France et l’Allemagne sont au coude à coude.


Julien Epaillard impressionne une nouvelle fois. Alors qu’il ne s’agit que de la seconde coupe des nations de Fringan de Vesquerie (Mylord Carthago), il signe le sans-faute de l’espoir et met une pression maximale sur Richard Vogel avec un public qui bouillonne.

L’allemand a beau être numéro deux mondial, son tour initial n’a clairement pas rassuré. Si ce tour ne comptait pour rien à part permettre à United Touch S (Untouched) de reconnaitre le parcours en live … il aura surtout montré que sans pression, il est loin d’être le génie qui fait rêver … et que le véritable génie est sans aucun doute ce pilote qui exploite ses incroyables qualités en camouflant du mieux qu’il peut ses défauts. Il est clair que ce premier parcours apportera avant tout de nombreuses réponses aux éleveurs qui l’utilisent. Avec beaucoup plus de pression en seconde manche, on retrouve l’étalon bai aérien que l’on connait … mais le double délicat placé en fin de parcours reste la plus grande difficulté pour lui … et le palanque tombe, la France a gagné après dix ans d’attente !

« Je suis très heureux de cette victoire ! C’est ma seconde coupe des nations en tant que chef d’équipe et la première n’avait pas été une grande réussite. J’étais donc déterminé à faire mieux aujourd’hui. Déjà hier, je disais que je le sentais bien et cela s’est confirmé aujourd’hui. Je suis vraiment fier de mes cinq cavaliers car il ne faut pas oublier Kevin qui a été présent avec nous au paddock durant toute l’épreuve et qui nous a beaucoup aidé aujourd’hui. » réagit Edouard Couperie.


Pour sa première coupe des nations à La Baule, le numéro deux mondial des U25 Antoine Ermann a une nouvelle fois impressionné. « Je m’en suis beaucoup voulu après la première manche car il y avait pas mal de sans-faute et l’on sait à ce niveau qu’un point de temps peut avoir de grosses conséquences. C’était une véritable erreur technique de ma part où j’ai remis une foulée dans un virage. Je suis content de mon deuxième tour. Floyd a vraiment très bien sauté. Je suis vraiment fier de lui car je lui ai donné une longue pause durant l’hiver qu’il avait bien mérité mais du coup, la remise en route a été un peu longue. Néanmoins, je voulais l’amener ici à 100% et l’objectif est réussi » conclu le jeune homme.

La numéro un française, Nina Mallevaey était évidemment ravie : « Aujourd’hui, j’ai réalisé un rêve de gosse. Depuis toute petite, je regarde ce concours, ce public. Alors aujourd’hui, gagner la coupe des nations avec ce public qui chante la Marseillaise, c’est juste magnifique. La vie de cavalière est faite de hauts et de bas. J’ai la chance pour le moment de vivre beaucoup de hauts. Je sais que cela ne sera pas éternel, j’ai la chance d’avoir des chevaux incroyables, une équipe incroyable derrière moi alors j’essaie vraiment d’en profiter ! »

Le cavalier GL Events lui aussi enchaine les belles émotions entre sa médaille olympique, sa victoire en coupe du monde devant son public et désormais la victoire en coupe des nations à l’officiel de France, une nouvelle fois vécue grâce à une pouliche née chez lui il y a treize ans ! « C’est magnifique. On se connait évidemment très bien, cela fait 13 ans qu’elle me supporte et qu’elle me fait vivre d’incroyables moments. Je suis vraiment ravi d’elle. Je la trouve très en forme, nous allons maintenant lui concocter le meilleur programme que nous pensons et nous verrons jusqu’où il nous emmène. » conclu Olivier Perreau.


La surprise du jour, c’est sans aucun doute l’inévitable champion de France, Julien Epaillard ! Prévu comme cinquième élément, le normand aura profité du forfait de Simon Delestre pour intégrer l’équipe et termine avec un double sans-faute héroïque qui pourrait le conduire jusqu’à Aix la Chapelle. « C’est d’ailleurs là qu’est née l’idée de mettre Fringan dans cette coupe quand il s’est retrouvé à sauter le Grand Prix alors qu’il n’était pas prévu pour cette épreuve. Du coup, j’ai imaginé les quatre semaines les plus efficaces pour arriver ici au meilleur niveau. Je pense que j’ai engrangé de nombreuses informations sur la manière de pouvoir l’amener au meilleur de sa forme. Maintenant, on sait qu’il peut le faire maintenant, on va voir comment il encaisse ces deux manches. Je verrai déjà demain comment il se sent mais je compte bien ne pas me cacher et sauter aussi le Grand Prix pour emmagasiner un maximum d’information. L’année où j’ai été champion d’Europe avec Dubai, j’avais fait double sans-faute dans la coupe ici … et huit points dans le Grand Prix. Ce qui sera important, ce seront les informations récoltées. Aujourd’hui, je vais avant tout savourer cette victoire qui fait vraiment plaisir. » nous glisse Julien Epaillard.







