Le beau destin de Pia Maria H.
Acquise par Patrik Lutz à trois ans, elle est proposée dès le mois suivant aux ventes Fences mais personne ne s’y intéressera. Elle sera acquise quelques mois plus tard par l’élevage du Pont Rihen de Patrick Donnay. Elle intègre un peu plus tard les écuries de François Bossu qui, comme toujours, assure sa formation. A 5 ans, elle est acquise par le cavalier mexicain Rodrigo Enriquez mais restera encore chez le cavalier montois près de deux ans avant de s’envoler vers les Etats-Unis. C’est là que la jument fera sa progression vers le haut niveau. Ensemble le couple ira jusqu’en Grand Prix 4* mais en début d’année, la jument de 11 ans rejoint l’Irlandais Shane Sweetnam et ce week-end, elle était deux fois sans faute au TsCHIO d’Aix-la-Chapelle !

« J’étais à la recherche d’un très bon jeune cheval et nous étions en train d’en essayer en France lorsque nous avons reçu un appel d’un ami qui était persuadé d’avoir le cheval idéal pour moi. Nous nous sommes donc rendus chez François Bossu pour essayer la jument. Dès le premier saut, j’ai éclaté de rire. On avait sauté une petite croix. A la vidéo, on ne voyait rien de spécial … mais dessus, le sentiment était incroyable ! Il y avait de la puissance et le feeling m’a directement montré qu’elle était d’un autre monde. Ce qui était fou, c’est que quelques jours après notre venue, le covid a explosé au niveau mondial et je suis rentré aux Etats-Unis. La jument est restée chez François Bossu. Lorsque tout s’est calmé l’année suivante, j’ai décidé de venir en stage chez lui durant 4 mois. Quelques semaines après mon arrivée, j’ai accompagné François à Lanaken … et Kasanova de la Pomme a remporté les Sires of the World ! C’est comique car j’ai tout de suite vu à quel point, elle lui ressemblait. Depuis ce jour-là, je m’intéresse beaucoup plus aux origines. C’est amusant car quand on arrive en Belgique, les gens vous présentent toujours les chevaux en vous annonçant les origines … mais quand vous demandez le nom du cheval, ils ne le connaissent même pas toujours ! La semaine suivante, nous avons fait notre premier concours sur 1m10 à Azelhof Lier.

En novembre de cette année-là, elle a pris l’avion pour rejoindre les USA. Nous avons débuté notre travail en Floride. L’année suivante, nous avons fait nos débuts sur la piste international de Wellington sur 130. Nous avons pris le temps, ce n’est que dans ses années de neuf et dix ans que les progrès ont été spectaculaires. Evidemment, un tel cheval, on n’a pas envie de le vendre. Je rêve de faire des cinq étoiles un jour moi-même mais c’est important pour moi que les gens voient à quel point cette jument est fantastique. Beaucoup de gens m’ont dit que quand ils m’ont vu avec elle au début, ils se demandaient ce que je lui trouvais et qu’ils n’auraient jamais imaginer la voir sauter de telles épreuves… je comprends qu’en la regardant, on ait pu penser ça mais dessus, elle a toujours été fantastique. Après, c’est une vraie jument alezane avec la sensibilité et le caractère qui va avec. Les derniers mois, nous avons reçu beaucoup d’intérêt pour elle mais Shane Sweeetnam m’a fait une offre que je ne pouvais pas refuser. De plus, Shane est une véritable idole pour moi alors le voir avec Pia, c’est un véritable honneur. Cela met vraiment le travail que nous avons effectué ces dernières années en avant. Je pense qu’elle est encore loin de ses limites. C’est un véritable diamant qu’il est en train de polir. C’est une jument qui adore les lumières. Dès qu’elle sent que l’ambiance est particulière, elle adore ça et elle attire cette lumière. Mon objectif aujourd’hui, c’est de faire des Grand Prix avec d’autres chevaux que j’aurai former mais évidemment, je rêve de 5* et des Jeux Olympiques. Ce qui me fait plaisir avec Pia, c’est qu’aujourd’hui, elle devient la jument que j’ai toujours su qu’elle était ! » conclu Rodrigo Enriquez.
Photos Claire Simler

