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Peter Weinberg, la raison du succès ! (1/4)

A 73 ans, Peter Weinberg a la sagesse de savoir laisser parler les mauvaises langues sans pour autant lâcher ses idées. Pour sa dixième année à la tête des mousquetaires rouges, nous sommes allés à la rencontre du coach le plus titré que l’équipe belge ait jamais connu !

Gagnants des finales de coupe des nations en 2018 et 2022, la Belgique est sacrée championne d’Europe en 2019 et 2025 en s’étant, entre temps, paré de bronze lors des Jeux Olympiques de Tokyo. Sur le plan individuel, les cavaliers belges ont également brillé durant cette période avec la médaille de bronze de Jos Verloy aux championnats d’Europe de Rotterdam en 2019, la médaille d’argent pour Jérôme Guery aux championnats du monde d’Herning et une autre médaille de bronze aux championnats d’Europe pour Gilles Thomas en 2025 à La Corogne.

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Pour cette dixième année, l’allemand va connaître une année très particulière puisqu’il va emmener son équipe aux championnats du monde dans son jardin, à Aix la Chapelle où il fait lui-même partie du conseil d’administration de ce concours de légende !

Quels ont été vos premiers contacts dans les chevaux ?

Peter Weinberg : « Mes parents étaient éleveurs et fermiers. Ce n’était pas vraiment des chevaux de compétitions mais j’ai eu un poney assez tôt mais c’était juste pour jouer. Lorsque j’ai eu 10 ans, j’ai commencé de petites compétitions mais directement avec des chevaux. »

Quand avez-vous commencé à espérer devenir un cavalier professionnel ?

P.W. : « J’avais quinze ans quand j’ai monté mon premier championnat d’Allemagne junior … et j’ai terminé second ! C’était en concours complet. Au départ, j’ai toujours participé au concours de dressage et d’obstacles à petit niveau. J’étais également déjà champion junior dans la région assez jeune, ce qui m’a qualifié pour le championnat d’Allemagne. Même si je montais toujours en dressage, j’ai commencé à évoluer rapidement vers de plus grosses épreuves en jumping. J’ai également eu l’opportunité de monter les championnats d’Europe junior en complet … où nous avons décroché la médaille d’or par équipe. J’étais aussi très occupé pour terminer mes études et l’entraînement pour le concours complet prenait clairement plus de temps que celui pour l’obstacle, raison pour laquelle, je me suis concentré plus sur l’obstacle. A cette époque, nous devions encore faire notre service militaire. J’ai dû y aller mais comme j’avais déjà un peu de succès à l’époque dans les championnats, j’ai pu aller à Warendorf au sein du comité olympique et j’ai pu y emmener plusieurs chevaux. Le matin, nous devions nous consacrer à l’armée et dans l’après-midi, nous étions libres pour nous entraîner d’autant que le comité olympique nous mettait à disposition de très bons entraîneurs. Ils m’ont vraiment aidé à pouvoir aller plus haut. Grâce à cela, j’ai pu intégrer rapidement l’équipe senior de coupe des nations. C’est seulement durant ce temps passé à l’armée que j’ai décidé de monter de manière professionnelle ! J’étais déjà à l’époque à l’endroit où nous sommes installés aujourd’hui. Il y avait un marchand de chevaux qui avaient beaucoup de chevaux. J’ai d’abord monté ses chevaux à 20km d’ici à la ferme de mes parents car je devais aller à l’école près de chez mes parents. Une fois que mon service militaire a été terminé, j’ai déménagé ici et j’ai commencé en étant son employé. Après quelques années, j’étais devenu partie prenante dans le business. Il a rapidement parlé de me laisser ses installations lorsqu’il prendrait sa pension et lorsque le moment est venu, il a tenu parole en conservant un appartement au sein des écuries. Ce qui est particulier ici, c’est que nous sommes vraiment à la frontière. Un côté de la route est en Allemagne mais l’autre est en Hollande et la Belgique est à 7km d’ici. C’est la raison pour laquelle j’ai toujours beaucoup monté dans les concours belges ainsi que dans les concours hollandais. Tous les concours belges sont quasiment plus proches que les concours allemands.

 Les cavaliers de mon âge, voir un peu plus jeunes, comme François Mathy, Eric Wauters, Axel Verlooy, Ludo Philippaerts, Stany Van Paesschen, je les connais très bien et c’est la raison pour laquelle, à un moment, ils m’ont demandé de devenir Chef d’équipe pour la Belgique. »

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Peter Weinberg & François Mathy, une amitié de longue date.

Vos parents vous ont toujours laissé faire ce dont vous aviez envie ?

P.W. : « Premièrement, ils auraient aimé que je devienne un fermier et que je reprenne la ferme … mais je n’ai jamais voulu cela. Cela aurait pu être chouette mais ce n’était pas mon objectif pour le reste de ma vie. »

Pour vous, il y a eu directement un équilibre entre le sport et le commerce ?

P.W. : « Mon premier propriétaire était un marchand de chevaux qui en possédait plus de 150. Je faisais du commerce moi-même depuis le début. J’ai toujours fait moitié-moitié jusqu’à ce que je rachète le commerce ici. Il est néanmoins resté parmi nous dans son appartement ici où il a vécu jusqu’à sa mort à 89 ans. A cette époque, je me suis marié avec Héléna Dickinson qui était anglaise mais qui a pris la nationalité allemande. Nous montions tous les deux en coupe des nations pour l’Allemagne et avions été plusieurs fois présélectionnés dans la shortlist pour les grands championnats. Nous nous occupions à ce moment là tous les deux du commerce en plus de nos carrières sportives. »

C’était difficile à cette époque de vous partager les chevaux à ce moment-là ?

P.W. : « A cette époque, nous avions tellement de chevaux que nous arrivions à avoir suffisamment de bons chevaux pour nous deux. J’avais un très bon sponsor et il gardait des chevaux pour moi qui n’étaient pas à vendre. Helena avait quant à elle un sponsor anglais mais qui lui imposait d’être présente à 10 ou 12 concours nationaux par an en Angleterre. A un moment, elle a donc décidé d’arrêter et mon propriétaire a accepté de lui acheter quelques chevaux pour le sport. C’est évidemment plus facile de rester au haut niveau lorsque l’on peut garder ces chevaux. Mon propriétaire était assez âgé alors il a décidé d’en garder juste un ou deux mais ce n’est pas assez pour évoluer au plus haut niveau. Mais dans ma jeune carrière, j’ai eu la chance d’avoir rapidement deux chevaux suffisamment bons pour que le comité olympique en achète la moitié et les garde pour moi. A cette époque, les chevaux ne coutaient pas encore des millions. Le comité olympique payait bien mais aujourd’hui, ce serait au-dessus de leur budget. A l’époque, ils achetaient la moitié des chevaux pour de bons jeunes cavaliers en faisant un contrat où ces chevaux ne pouvaient plus être vendus. »

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Pour tout cavalier, Aix la Chapelle est un rêve … mais qu’est-ce que cela représente quand on est en plus issu de cette région ?

P.W. : « Je montais encore à poney lorsque mes parents m’ont emmené voir le CHIO Achen et nous y sommes retournés chaque année ! Ensuite, quand j’ai progressé de plus en plus, j’ai pu monter là-bas ! En Allemagne, et c’est toujours le cas maintenant à Aix-la-Chapelle, il y a toujours des places supplémentaires pour des jeunes cavaliers allemands. C’est pour cette raison que j’ai eu la chance de monter ce concours assez tôt dans ma carrière et au final, j’ai monté plus de vingt fois sur ce terrain ! C’est pour cette raison que j’ai eu un contact privilégié avec le comité organisateur. Plus tard, quand j’ai vieilli, j’ai aidé le comité d’Aix-la-Chapelle puis je suis entré dans le comité d’abord de manière non officielle. En 2006, j’ai intégré le conseil d’administration mais bien avant cela j’étais déjà très actif au sein du concours. A cette époque, je montais moins d’internationaux moi-même. Mon fils, Thomas, était champion d’Europe junior puis champion d’Europe young rider par équipe et second en tant qu’individuel. Ma fille a également monté en coupe des nations chez les juniors. Mon fils a également eu la chance de monter une dizaine de fois à Aix-la-Chapelle parmi les bons jeunes cavaliers allemands puis dans le système normal de cavaliers seniors. »

Lorsqu’on monte autant de fois dans cette piste, est-ce que cela devient quelque chose de « normal » ?

P.W. : « Jamais ! Cela reste toujours quelque chose de spécial ! J’ai eu la chance d’avoir de très bons chevaux qui m’ont permis de devenir le plus jeune gagnant d’un Grand Prix en Allemagne à Dortmund. C’est comme cela que j’ai pu participer à Aix-la-Chapelle et j’y ai aussi eu de bons résultats. C’est ainsi que j’ai aussi été invité pour la première fois à Calgary. J’ai donc eu cette chance d’accéder très tôt aux plus grands concours. J’ai aussi monté la coupe des nations de La Baule très tôt avec Shockemoehle et les autres bons cavaliers de l’époque. J’étais le plus jeune de l’équipe … et j’ai signé un double sans-faute lors de ma première participation. »

La suite, c’est ici dès demain !

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